La combinaison de chimiothérapie et d'immunothérapie double les chances de survie des patients atteints d'un cancer du poumon métastatique.
Chaque année, environ 8 000 Belges sont diagnostiqués d'un cancer du poumon, l'un des cancers les plus agressifs. Première cause de décès chez les hommes et deuxième chez les femmes, son taux de survie à cinq ans est respectivement de 16 % et 23 %. Les taux de mortalité élevés s'expliquent souvent par des métastases découvertes à un stade avancé.
Longtemps, les traitements classiques (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie) ont eu des effets limités chez les patients avec cancer du poumon métastatique. L'immunothérapie, qui mobilise le système immunitaire du patient contre les cellules cancéreuses, n'était accessible en première ligne qu'à 30 % des cas, soit ceux présentant un niveau de PD-L1 supérieur à 50 % sur biopsie tumorale. Les autres recevaient généralement une chimiothérapie seule.
Une étude internationale récente, impliquant des chercheurs belges, marque un tournant : deux fois plus de patients deviennent éligibles à un traitement combiné immunothérapie-chimiothérapie dès le départ, au lieu d'une chimiothérapie suivie d'une immunothérapie.
Les résultats sont excellents. « Ce qui est révolutionnaire, c'est d'obtenir de meilleurs résultats avec l'association qu'avec la chimiothérapie seule », explique le Dr Mark Lambrechts, pneumologue à l'AZ Sint-Maarten à Malines, participant à l'étude. « En initiant immédiatement la combinaison, le taux de survie à un an double par rapport à la chimiothérapie seule ou séquentielle. Un an après, les patients restent deux fois plus longtemps sans tumeur et leurs chances de survie sont doublées. »
La chimiothérapie potentialise l'immunothérapie. Avantage supplémentaire : l'immunothérapie présente beaucoup moins d'effets secondaires que la chimiothérapie, souvent graves.
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