Certains cellules cancéreuses entrent en hibernation pour échapper à la chimiothérapie. Elles puisent l'énergie nécessaire à leur survie et à leur réactivation en dévorant les cellules cancéreuses voisines.
La chimiothérapie détruit les cellules cancéreuses en endommageant leur ADN, mais certaines y résistent. Au lieu de périr, elles entrent en dormance : elles cessent de se multiplier et attendent la fin du traitement. Elles redeviennent alors actives, sécrétant des substances qui favorisent la repousse tumorale, entraînant une rechute chez le patient.
Des biologistes moléculaires de l'Université de Tulane ont élucidé ce mécanisme de survie. En exposant des cellules cancéreuses du sein à divers chimiothérapiques, ils ont observé que certaines, en dormance, se transformaient en cannibales, dévorant leurs voisines. Ce phénomène s'est confirmé in vitro et chez la souris. Il concerne à ce jour les cancers du sein, du poumon et des os.
Les cellules dormantes pratiquant le cannibalisme survivent plus longtemps que les autres, grâce à l'apport énergétique et nutritionnel fourni. Les chercheurs ont aussi lié cette résilience à une variante spécifique du gène TP53, augmentant le risque de récidive chez les porteurs.
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