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Les cellules cancéreuses déclenchent une inflammation pour se protéger des virus oncolytiques

Les virus oncolytiques sont utilisés pour détruire les cellules cancéreuses et stimuler la réponse immunitaire contre les tumeurs, sans endommager les cellules saines. Pourtant, cette viro-immunothérapie n’est efficace que chez une minorité de patients. De récentes recherches britanniques révèlent pourquoi : les cellules cancéreuses activent une réponse inflammatoire protectrice dans leur environnement tumoral.

Les scientifiques ont analysé les interactions entre cellules cancéreuses et leurs voisines, notamment les fibroblastes associés au cancer (CAF). Ces derniers jouent un rôle clé dans la protection, la croissance et la dissémination des tumeurs. En cas de contact direct, les cellules cancéreuses transfèrent de petites quantités de cytoplasme aux CAF via un processus de transcytose. Cela déclenche une inflammation locale, rendant plus difficile la pénétration et la multiplication des virus dans les cellules cancéreuses.

Un mécanisme détourné

Ce phénomène n’intervient que lors d’un contact direct, absent dans les tissus sains grâce à une barrière membranaire. Les cellules cancéreuses détournent ainsi le mécanisme naturel de réponse à une blessure pour survivre. Bloquer cette voie inflammatoire pourrait améliorer l’efficacité des virus oncolytiques et ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Jeanette Leusen, immunologiste des tumeurs à l’UMC Utrecht : « Cette étude passionnante montre comment les cellules cancéreuses exploitent notre organisme pour contrer les thérapies anticancéreuses. Au lieu de supprimer l’immunité, elles l’activent ici pour se protéger. »

Transfert cytoplasmique

Leusen ajoute : « La nouveauté réside dans la transcytose, transférant des signaux via du fluide des cellules cancéreuses aux CAF, les plaçant en état inflammatoire. Cela promet d’optimiser les virus oncolytiques, bien que l’application clinique reste lointaine. »

Le Pr John Haanen, expert en immunothérapie translationnelle à l’Institut néerlandais du cancer : « Découverte intéressante, mais son utilisation routinière pour sélectionner les patients nécessitera du temps. Les tumeurs riches en CAF pourraient être moins sensibles. Comprendre ces résistances est crucial pour progresser. »


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