Les chercheurs américain James P. Allison, de l’Université du Texas, et japonais Tasuku Honjo, de l’Université de Kyoto, ont reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine 2018. Leurs découvertes ont permis de renforcer la capacité naturelle du système immunitaire à attaquer les cellules tumorales.
Pour stopper la prolifération incontrôlée des cellules cancéreuses et empêcher leur propagation aux tissus sains, plusieurs traitements existent : chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie.
Dès la fin du XIXe siècle, des scientifiques ont imaginé stimuler le système immunitaire contre le cancer. Celui-ci distingue le propre du corps des éléments étrangers (bactéries, virus), grâce notamment aux lymphocytes T, des globules blancs dotés de récepteurs qui déclenchent la réponse immunitaire.
Dans les années 1990, James Allison étudie la protéine CTLA-4, un frein naturel des lymphocytes T essentiel après élimination des menaces, mais exploité par les cellules cancéreuses pour s’échapper. Il développe un anticorps bloquant CTLA-4, libérant ainsi le frein immunitaire. En 1994, des souris cancéreuses sont guéries. Chez l’humain, dès 2010, des patients atteints de mélanome avancé voient leurs tumeurs disparaître.
En 1992, Tasuku Honjo découvre PD-1, un autre frein sur les lymphocytes T, fonctionnant différemment. Son blocage s’avère efficace contre divers cancers. Dès 2012, il induit des rémissions durables, voire des guérisons, chez des patients à un stade métastatique incurable.
« Des études cliniques montrent que combiner les deux approches, en ciblant CTLA-4 et PD-1, amplifie l’effet, comme démontré avec succès dans le mélanome. » L’Institut Karolinska de Stockholm
Les travaux d’Allison et Honjo ouvrent la voie à diverses stratégies pour désactiver les freins immunitaires. L’immunothérapie traite déjà le cancer du poumon, du rein, le lymphome et le mélanome. Elle révolutionne la prise en charge des cancers avancés.
Selon l’Institut Karolinska, l’immunothérapie par points de contrôle immunitaire représente une avancée majeure. Plusieurs médicaments issus de ces recherches sont commercialisés, transformant le pronostic pour de nombreux patients.
