L'animateur radio Christophe Lambrecht de Studio Brussel est décédé subitement d'une insuffisance cardiaque. Nous avons interrogé le cardiologue Jan De Pooter, de l'UZ Gent, pour éclaircir ce sujet.
L'insuffisance cardiaque désigne un dysfonctionnement du cœur qui ne pompe plus le sang de manière optimale dans tout le corps. Cela provoque essoufflement, vertiges et difficultés à fournir un effort. Elle peut résulter de multiples causes.
« Un Belge sur cinq risque de développer une insuffisance cardiaque au cours de sa vie »Jan De Pooter, cardiologue UZ Gent
Globalement, un Belge sur cinq est concerné au fil de sa vie. Ce risque dépend de facteurs comme le tabagisme et l'hypertension artérielle.
L'insuffisance cardiaque peut mener à un arrêt cardiaque, mais n'est pas systématiquement mortelle. De nombreuses personnes vivent avec une fonction cardiaque réduite sans en décéder. Elles peuvent même atteindre un âge avancé.
Parfois, le muscle cardiaque s'affaiblit gravement, entraînant une défaillance soudaine. Cependant, les morts subites sont souvent dues à des arythmies. Sans antécédents connus, on parle de « mort subite cardiaque ».
Oui. En Europe occidentale, la cause principale est l'infarctus du myocarde, qui détruit une partie du muscle cardiaque et altère la fonction de pompage. Les infarctus sont rares avant 55-60 ans.
« Un infarctus survient rarement à un jeune âge, plutôt à partir de 55 ou 60 ans »Jan De Pooter, cardiologue UZ Gent
À un âge jeune, une infection virale peut rarely affecter le cœur, comme chez certains athlètes. D'autres causes incluent la consommation excessive d'alcool ou de drogues, provoquant une insuffisance aiguë, ou certains traitements de chimiothérapie à long terme. Ces cas restent rares.
Les facteurs communs aux maladies cardiaques s'appliquent : tabagisme, hypertension, diabète (qui favorise les infarctus) et prédisposition familiale.
Prévenir l'insuffisance cardiaque passe par un mode de vie sain. Des bilans cardiaques précoces détectent les rétrécissements coronariens, évitant les infarctus et réduisant ainsi le risque futur.
Dans une certaine mesure. Un dépistage généralisé est impraticable, et un cœur sain aujourd'hui n'exclut pas un problème futur, comme une infection. Le dépistage seul ne suffit pas ; il faut promouvoir un mode de vie sain à grande échelle.
« Il faut promouvoir un mode de vie sain pour prévenir l'insuffisance cardiaque à grande échelle »Jan De Pooter, cardiologue UZ Gent
La prévention collective repose avant tout sur des habitudes saines.