On sait encore peu de choses sur la santé vaginale, pourtant des millions de bactéries y jouent un rôle essentiel pour notre bien-être. Sarah Ahannach, doctorante, participe au projet Isala, une initiative unique de science citoyenne menée par l’Université d’Anvers pour mieux comprendre le microbiome féminin.
Aucune avancée majeure n’a été réalisée dans le traitement des infections vaginales et urinaires ces 40 dernières années. Les bactéries vaginales nous protègent contre les infections, les IST, et influencent probablement la fertilité et les grossesses saines. Avec Isala, nous visons à combler ces lacunes.
Derrière Isala se trouve le groupe de recherche dirigé par la professeure Sarah Lebeer. Sensibles à la délicatesse du sujet, notre équipe multidisciplinaire réunit microbiologistes, bioinformaticiens, bio-ingénieurs, gynécologues, médecins généralistes et experts en communication.
Selon les Nations Unies, d’ici 2050, les bactéries résistantes aux antibiotiques causeront plus de décès que le cancer. Pourtant, les alternatives naturelles, comme le microbiome – ensemble des micro-organismes sur et dans notre corps –, restent sous-étudiées.
Isala analyse ce microbiome via un kit unique fourni aux participantes. Elles prélevant elles-mêmes, en toute intimité, des échantillons (écouvillons) de leur vagin, peau et salive à différents moments de leur cycle. Cela les implique activement dans la maîtrise de leur santé vaginale, avec un guide clair et un soutien pour toutes questions.
Un questionnaire détaillé corrobore les données : liens entre bactéries, mode de vie, alimentation et santé. Grâce à des techniques avancées d’analyse ADN, nous examinerons ces micro-organismes comme jamais. À la fin, chaque participante recevra un rapport personnalisé de son microbiome.
Chez la plupart des femmes en bonne santé et fertiles post-puberté, le microbiome vaginal est dominé par des Lactobacillus, bactéries productrices d’acide lactique. Les techniques moléculaires récentes révèlent l’ensemble de la communauté microbienne, au-delà des cultures en laboratoire.
L’absence de Lactobacillus signale une dysbiose, augmentant les risques d’infections, IST, accouchement prématuré, infertilité, etc. Ces enjeux mondiaux exigent une recherche urgente. Isala y répond avec ambition.
Isala honore Isala Van Diest (1842-1916), première femme médecin belge, qui a lutté pour ouvrir les universités aux femmes. En 1884, un arrêté royal le permit grâce à elle. Notre projet cherche des femmes déterminées à écrire l’histoire.
Longtemps dominée par les hommes, la recherche négligeait la santé vaginale. Une équipe majoritairement féminine comme Isala pose les bonnes questions et inspire les jeunes filles vers les filières STEM.
Au-delà de la science, Isala sensibilise et outille les femmes pour aborder la santé vaginale sans tabou, favorisant discussions entre tous. C’est une révolution pour la santé féminine.
Voulez-vous impacter votre santé et celle de milliers de femmes ? Rejoignez Isala via https://isala.be/