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Pourquoi les gauchers fascinent-ils toujours la science ? Insights d'une experte

Qu'est-ce qui détermine la gaucherie ? Au-delà de la préférence manuelle, quelles différences observe-t-on entre gauchers et droitiers ? La kinésithérapeute Anthe Foubert, chercheuse à l'Université d'Anvers (UAntwerp), répond à ces questions avec expertise.

Dans un monde conçu pour les droitiers, les gauchers font face à des frustrations quotidiennes : ciseaux inadaptés, épluche-légumes récalcitrants, ou encre qui bave à l'écriture. En tant que gauchère et chercheuse à l'UAntwerp, Anthe Foubert connaît bien ces défis. Le 13 août, Journée internationale de la main gauche, est l'occasion de célébrer les 10 % de gauchers dans le monde.

Être gaucher ou droitier est inné. Cette préférence peut même être déterminée in utero, en fonction de la position fœtale.

Ce pourcentage stable de 10 % a longtemps été perçu comme défavorable. Autrefois, de nombreux enfants, y compris nos grands-parents, étaient forcés d'utiliser la main droite. Aujourd'hui, cette pratique a reculé, mais pourquoi la gaucherie était-elle si mal vue ?

La latéralité manuelle est innée, influencée par la position fœtale – la majorité des bébés se tournant vers la droite, stimulant davantage ce côté. Des facteurs génétiques jouent un rôle, bien que non absolus : des jumeaux identiques peuvent différer. L'hérédité augmente les chances : si les parents sont gauchers, le risque l'est aussi.

Pourquoi la gaucherie persiste-t-elle ?

Un modèle mathématique équilibre compétition et coopération évolutives. Les gauchers excellent en combat (boxe, escrime), surprenant les droitiers habitués à leur propre latéralité. En pure compétition, la sélection naturelle mènerait à 50 % de gauchers. Mais la coopération humaine favorise les outils droitiers, désavantageant les gauchers et expliquant leur minorité stable.

Les gauchers, contraints à des solutions créatives dès l'enfance dans un monde droitier, développent une orientation accrue vers les problèmes.

Les avantages des gauchers : oui, ils existent !

Forcés à l'adaptation créative jeune, les gauchers tissent plus vite des liens entre concepts et excellent en vision spatiale.

Le cerveau humain est latéralisé, mais moins chez les gauchers : les hémisphères collaborent mieux, notamment pour le langage (confirmé par IRM sur 9 000 sujets britanniques). Cela suggère une meilleure résilience post-AVC.

La dominance manuelle influence aussi la perception de la douleur.

Les droitiers perçoivent et tolèrent mieux la douleur à la main dominante ; idem pour les gauchers. C'est pourquoi, au labo M2SENS de l'UAntwerp, nous tenons compte de la latéralité dans nos études sur la douleur.

De nombreuses différences persistent à explorer. Les gauchers continuent de captiver la science. Consultez la littérature pour approfondir.

Levez la main pour tous les gauchers – propre ou non !

Sources :

  • Abrams D., Panaggio M., Un modèle équilibrant coopération et compétition peut expliquer notre monde droitier et la domination des athlètes gauchers. J R Soc Interface, 9, 2718-2722, 2012. doi:10.1098/rsif.2012.0211
  • Différences dans la pensée divergente en fonction de la dominance et du sexe. The American Journal of Psychology, 108(3), 311-325, 1995. doi.org/10.2307/1422892
  • Pud D., Golan Y., Pesta R., Hand dominance – a feature affecting pain sensitivity. Neuroscience Letters, 467(3), 237-240, 2009. doi:10.1016/j.neulet.2009.10.048
  • Bareham C., Bekinschtein T., Scott S., Manly T. Does left-handedness confer resistance to spatial bias? Scientific Reports, 5, 9162, 2015. https://www.nature.com/articles/srep09162

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