Irritabilité, émotions intenses et hypersensibilité sensorielle : que dit la science sur la haute sensibilité ?
Vous montez dans un train bondé. Les passagers se serrent les uns contre les autres. Le contrôleur annonce une gare, un téléphone sonne et un bébé pleure. Ces stimuli vous submergent, vous stressent et vous surstimulent. Bienvenue dans le quotidien des personnes hypersensibles.
Corina Greven, psychologue et généticienne comportementale à l’Institut Donders de l’Université Radboud de Nimègue, explique les différences des personnes très sensibles. Elles traitent les informations plus profondément, ressentent les émotions plus intensément et sont plus réceptives aux stimuli sensoriels, ce qui les expose rapidement à la surstimulation.
Les réactions émotionnelles intenses sont à la fois positives et négatives. Par exemple, les hypersensibles sont souvent très empathiques. Ils détectent les sons subtils, odeurs ou lumières vacillantes, et apprécient particulièrement l’esthétique. L’irritabilité, marqueur clé de la haute sensibilité, provient de la surstimulation qui active des réponses de stress intenses, altérant les fonctions cognitives et les performances.

Merel* (32 ans), hypersensible depuis l’enfance, témoigne : « Ma mère a vite remarqué ma grande sensibilité. J’évitais les vêtements moulants, préférant les tenues amples. Après une journée riche en impressions, je fondais en larmes. Au lycée, changer de salle toutes les heures et circuler dans les couloirs bondés était un calvaire. »
Comment mesure-t-on la haute sensibilité ? Devrait-elle figurer dans le DSM ? Quelles stratégies pour la gérer au mieux ?
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* Blackbird n’est pas le vrai nom du témoin.