Un hip-hop a marqué le plus grand tournant musical en 1991, reléguant les Beatles et les Rolling Stones au rang de suiveurs plutôt que de véritables révolutionnaires.

Des chercheurs de l'Université Queen Mary de Londres ont analysé les données des charts américains Billboard Hot 100 de 1960 à 2010. Résultat : le hip-hop a initié le plus grand revirement musical, tandis que les Beatles et les Rolling Stones n'ont pas été aussi disruptifs qu'on le croyait.
Afin d'examiner le Billboard Hot 100 – équivalent américain de l'Ultratop 50 belge –, les scientifiques ont scruté 17 000 chansons sur 50 ans.
Principales découvertes :
- La révolution musicale majeure s'est produite en 1991 avec l'essor du hip-hop dans les charts.
- L'année la moins diversifiée fut 1986, dominée par la boîte à rythmes et le sampler, outils numériques populaires à l'époque.
- Une baisse de diversité en 2010, mais les chercheurs estiment qu'il n'y a pas de tendance à l'homogénéisation. Notons toutefois que le rock classique, la country et les ballades d'amour ont dominé 43 des 50 années.
- En 1964, l'invasion britannique menée par les Beatles et les Rolling Stones a amplifié une révolution déjà en cours, sans la déclencher.
- En 1983, le country et le soft rock ont cédé la place au hard rock, new wave et disco.
L'équipe a publié ses résultats dans Royal Society Open Science. Ils ont employé des techniques avancées de fouille de textes et de traitement du signal pour classer la musique selon les changements d'accords, de tonalités et autres caractéristiques acoustiques, révélant ainsi les tendances sur des décennies.
À noter : Bohemian Rhapsody de Queen n'est pas seulement l'une des chansons les plus complexes, mais aussi l'une des rares à compter un astrophysicien à la guitare – Brian May, titulaire d'un doctorat.
L'arrivée de la batterie électronique, comme dans les hits des Pet Shop Boys, a coïncidé avec une période de moindre diversité au milieu des années 1980.