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Des scientifiques japonais décodent les rêves : une percée majeure en neurosciences

Une équipe de chercheurs japonais a réussi à décoder les rêves d'autres personnes. Cette avancée, publiée dans Science en 2013, ouvre de nouvelles perspectives, bien que le mystère des images oniriques spécifiques persiste.

Des scientifiques japonais décodent les rêves : une percée majeure en neurosciences

Des chercheurs japonais décryptent les rêves et publient leurs résultats dans Science (4 avril 2013). Pourquoi nos rêves génèrent-ils des images si spécifiques reste un enigma.

Les rêves fascinent l'humanité depuis des siècles. Autrefois, on y voyait des messages divins. Hannibal s'y fiait pour ses batailles, Mendeleïev y trouva la table périodique, Kekulé visualisa la structure du benzène via un serpent ouroboros, Mary Shelley y puisa pour Frankenstein, et Beethoven composait ses sonates dans son sommeil.

Mais qu'est-ce qu'un rêve ? Christof Koch, neuroscientifique au California Institute of Technology, les définit dans Psyche en Brein (n°1, 2011) comme « des hallucinations sensorimotrices vives dotées d'une structure narrative ». Nous y percevons notre environnement avec acuité, mais sans contrôle : si le rêve impose une promenade en bikini sur un iceberg, nous obéissons.

Souvent, nous nous rappelons vividement nos rêves au réveil, ou confondons songe et réalité. Au début du XXe siècle, on croyait rêver seulement ce qu'on se souvient, liant cela à des pulsions freudiennes. Ce n'est qu'en 1953 qu'Eugene Aserinsky et Nathaniel Kleitman découvrirent les phases de sommeil, dont le sommeil paradoxal (REM) : paralysie corporelle, mouvements oculaires rapides, rythme cardiaque irrégulier – phase privilégiée des rêves.

Les tomographies par émission de positons (TEP) confirment une activité accrue des zones visuelles et émotionnelles en REM, tandis que les régions du contrôle volontaire et du jugement logique-social s'activent moins. Pourtant, les rêves surviennent aussi hors REM, comme après une sieste de 20 minutes.

Visualiser les rêves
Les TEP expliquent la passivité onirique, mais pas la fonction des rêves ni leur contenu idiosyncratique (promenade nue au pôle Nord un jour, combat contre une sauterelle le lendemain). Yukiyasu Kamitani et son équipe de l'ATR Computational Neuroscience Laboratories visent à les décoder.

Préalablement, ils ont montré que les patterns cérébraux en rêve mimiquent ceux d'une stimulation visuelle éveillée (ex. : rêver d'une voiture active les mêmes zones visuelles). En 2013, dans Science, ils rapportent avoir « lu » les rêves pour la première fois.

Méthode : base de données liant concepts visuels (images) à patterns cérébraux via IRMf. Sujets regardent des images pour calibrer, puis s'endorment 5-6 minutes (phase 2 : sommeil léger, sensible aux stimuli). Réveillés, 75 % décrivent un rêve précis. Patterns IRM correspondent aux rapports dans 60 % des cas.

Les chercheurs décodent les rêves via une base de données de patterns cérébraux associés à des concepts visuels.

Le Pr Kamitani souligne : « Jusqu'ici, les rêves étaient décrits subjectivement. Désormais, nous les observons objectivement, éclairant leur mécanisme et fonction. » Améliorations nécessaires : élargir la base, tester en REM.

Journal de rêves et créativité
À terme, imaginez revoir vos rêves sur smartphone ! Utile pour l'innovation : rêves ont inspiré génies ; études (2009) montrent que REM booste résolution créative de problèmes. Conseil pratique : visualisez votre défi avant de dormir, notez vos rêves au réveil. Pas garanti, mais sans risque.

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