Le venin d'un escargot des profondeurs océaniques renferme une substance aux puissantes propriétés analgésiques, efficace à très faibles doses et sur une durée exceptionnellement longue. Cette découverte pourrait bientôt supplanter les morphinomimétiques addictifs.

L'escargot utilise normalement son venin pour paralyser puis tuer ses proies.
Les morphinomimétiques – substances mimant l'effet de la morphine – sont couramment prescrits pour soulager les douleurs chroniques ou comme anesthésiques en chirurgie. Cependant, leur fort potentiel addictif pose un problème majeur. Depuis des années, les médecins et chercheurs explorent des alternatives aussi efficaces mais moins dépendantes.
La particularité remarquable de ce venin d'escargot réside dans sa persistance : il demeure actif pendant 72 heures après administration, bien que la molécule se décompose en seulement quatre heures. Cette dissociation intrigue les scientifiques.
Des biologistes américains ont identifié cette molécule chez l'escargot marin Conus regius, un cône royal des mers tropicales. Ce prédateur injecte son venin pour immobiliser ses proies.
Les chercheurs ont isolé cette molécule et l'ont testée sur des souris et rongeurs. Résultat : elle inhibe la douleur via un mécanisme neuronal distinct des morphinomimétiques, suggérant un risque d'addiction bien moindre.