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Pourquoi sommes-nous droitiers ou gauchers ? La moelle épinière détermine notre préférence manuelle

Pendant des décennies, les chercheurs ont débattu des origines de la droiterie et de la gaucherie sans consensus clair.

Pourquoi sommes-nous droitiers ou gauchers ? La moelle épinière détermine notre préférence manuellePourquoi sommes-nous droitiers ou gauchers ? La moelle épinière détermine notre préférence manuelle

Une explication courante invoquait une différence d'activité génique entre les hémisphères cérébraux droit et gauche. Pourtant, une récente étude allemande apporte un éclairage novateur : ce n'est pas le cerveau, mais la moelle épinière qui joue un rôle clé dans la détermination de la préférence manuelle.

Un principe fondamental de l'organisation cérébrale est la latéralisation, soit la spécialisation des hémisphères droit et gauche. Cette latéralisation offre même un avantage évolutif : elle évite la duplication inutile des fonctions et accélère le traitement des signaux en limitant les échanges inter-hémisphériques.

Chez l'humain, cette latéralisation touche la plupart des processus essentiels : langage, mémoire, attention, émotions... La préférence manuelle en est la manifestation la plus étudiée, pour deux raisons principales : elle influence ces processus (comme le langage) et a une importance clinique majeure.

Par exemple, les troubles du spectre autistique, la dépression, la schizophrénie, les troubles anxieux ou l'alcoolisme ont été associés à une gaucherie ou une ambidextrie.

Jusqu'ici, on attribuait la préférence manuelle à une asymétrie génique cérébrale. Pourtant, elle apparaît dès 8 semaines de gestation chez 85 % des fœtus, qui montrent plus de mouvements de la main droite. Dès 13 semaines, 90 % préfèrent sucer leur pouce droit, et ce choix prédit la préférence post-natale.

Le cortex moteur cérébral, responsable des mouvements via la moelle épinière, n'est connecté qu'à partir de 15 semaines. Ainsi, la préférence manuelle précède l'influence cérébrale, pointant vers une asymétrie génique dans la moelle épinière.

Les chercheurs allemands ont testé cette hypothèse sur des fœtus de 8 à 12 semaines, confirmant des différences d'expression génique dans les zones contrôlant mains et pieds. Ces différences résultent de facteurs épigénétiques ou environnementaux, qui modulent différemment les gènes des deux côtés de la moelle, forgeant ainsi la préférence manuelle future.

Droite, gauche, droite, gauche... C'est dans notre moelle épinière !


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