Photographies de John B. Carnett
Environ 200 000 Américains ignorent qu'ils sont porteurs du VIH. Le gouvernement américain déploie massivement le test OraQuick, un dépistage rapide sur site, pour alerter ces personnes de leur statut sérologique en un temps record.
Le dépistage est un pilier des campagnes de prévention du VIH : les personnes informées de leur infection transmettent beaucoup moins le virus. Cependant, les tests traditionnels en laboratoire exigent un prélèvement sanguin important par un professionnel et deux semaines d'attente. Résultat : un tiers des positifs ne reviennent pas pour leurs résultats, selon le Dr Bernard Branson des Centers for Disease Control and Prevention (CDC).
OraQuick change la donne. Administrable par toute personne formée, il suffit d'une piqûre au doigt pour obtenir des résultats en moins de 20 minutes, avec une précision de 99,6 % équivalente aux tests classiques. Approuvé par la FDA en novembre dernier pour les hôpitaux et cliniques, il est salué par les autorités sanitaires. Le CDC en fait le fer de lance d'un programme fédéral de 35 millions de dollars et a acquis 250 000 kits auprès d'OraSure Technologies pour des essais nationaux.
Au cœur du test : une bande de protéines synthétiques non infectieuses mimant les structures du VIH. Les anticorps anti-VIH, s'ils sont présents, se fixent et font apparaître deux lignes roses. Cette innovation résulte de 20 ans de recherche mondiale, dirigée par Sam Niedbala, directeur scientifique d'OraSure. Des défis sociétaux, comme le risque d'un faux positif sans accompagnement, ont été surmontés – d'où son absence en pharmacie. Prochain objectif : un prélèvement buccal en essais cliniques.
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