L'étude française révélant des tumeurs chez des rats nourris au maïs génétiquement modifié présente de sérieuses lacunes, selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Fin septembre, une étude menée par des chercheurs de l'Université de Caen, sous la direction de Gilles-Éric Séralini, a fait sensation : des rats nourris toute leur vie avec du maïs OGM (rendu résistant au Roundup) mourraient prématurément et développaient plus de tumeurs que les témoins. Des experts ont rapidement contesté la méthodologie et les conclusions.
L'EFSA a examiné en détail cette recherche et conclut à des "graves lacunes" : elle ne respecte pas les standards scientifiques. Impossible d'en tirer des conclusions sur la nocivité du maïs transgénique ou du Roundup. Aucune révision des évaluations antérieures n'est nécessaire. Parmi les défauts : échantillon de rats trop restreint, informations manquantes sur l'alimentation, analyses statistiques défaillantes. Malgré des demandes de données supplémentaires, les auteurs n'ont pas répondu de manière satisfaisante.
Les chercheurs français ont répliqué dans Food and Chemical Toxicology (revue de l'étude originale), réfutant les critiques. Mais l'EFSA juge cette réponse "pauvre en informations pertinentes", laissant les questions clés sans réponse.
L'EFSA a consulté six autorités nationales, dont le Conseil belge de biosécurité. Celui-ci avait déjà statué en octobre : l'étude est "scientifiquement très faible", ne fournit aucune donnée nouvelle et n'aurait pas dû être publiée. Des études mieux conçues, sur des durées prolongées, pourraient être utiles pour valider ou infirmer ces résultats.
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