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Astronomes belges révisent l'historique des taches solaires : fin du mythe du "grand maximum"

Des scientifiques de l'Observatoire royal de Belgique ont réexaminé "l'expérience scientifique la plus ancienne du monde".

Astronomes belges révisent l historique des taches solaires : fin du mythe du  grand maximum

Depuis que Galilée a dirigé son télescope artisanal vers le Soleil en 1610, les astronomes surveillent le nombre de taches solaires. Deux séries d'observations distinctes existent, mais elles divergeaient jusqu'ici. Les experts belges de l'Observatoire royal ont harmonisé ces données historiques. Conclusion majeure : il n'y a jamais eu de "grand maximum solaire".

Les taches solaires étaient observées dès l'Antiquité en Grèce et en Chine ancienne, souvent associées à des transits planétaires. Ce n'est qu'au début du XVIIe siècle que Galilée proposa une explication plus proche de la réalité : des nuages dans l'atmosphère solaire. Erreur : ces taches sont des régions plus froides (environ 4 500 °C contre 6 000 °C habituels) dues à des champs magnétiques intenses bloquant la chaleur interne du Soleil.

Depuis Galilée, astronomes amateurs et professionnels suivent les fluctuations des taches solaires, révélant un cycle d'environ 11 ans avec maximum et minimum. Au XXe siècle, les physiciens ont lié ce cycle à l'inversion des pôles magnétiques solaires tous les 11 ans environ.

Un pic d'activité solaire correspond à plus de taches et un vent solaire accru : particules énergétiques provoquant aurores boréales, perturbations satellitaires et influences climatiques potentielles.

Ce comptage quotidien, l'expérience scientifique la plus ancienne, variait selon les observateurs et instruments des XVIIe-XVIIIe siècles, sans standardisation.

Aujourd'hui, deux séries principales : le International Sunspot Number (depuis 1700, Zurich 1849) et le Sunspot Group Number (depuis 1610, USA 1998). Jusque-là, elles ne concordaient pas, dues à des observations non calibrées.

Astronomes belges révisent l historique des taches solaires : fin du mythe du  grand maximum

Il y a quatre ans, Laure Lefèvre et Frédéric Clette, de l'Observatoire royal de Belgique (qui gère le World Data Center depuis 1981 après Zurich), ont recalibré ces séries. Ils ont corrigé des biais : vision dégradée d'un observateur suisse, sous-déclarations, et une erreur de 1947 à Zurich.

Résultat surprenant : les maxima historiques sont plus élevés, éliminant le "grand maximum" du XXe siècle, invoqué par certains climatosceptiques pour expliquer le réchauffement.

L'Union astronomique internationale (UAI) a validé ces travaux, officialisant l'harmonisation. Les séries montrent désormais la même évolution à long terme du Soleil, clé pour étudier son impact sur la Terre.

Le minimum de Maunder confirmé

Post-calibrage, le "grand maximum" disparaît, réfutant un lien majeur avec le réchauffement actuel. En revanche, le minimum de Maunder (1645-1715), avec très peu de taches, reste valide et associé au Petit Âge glaciaire en Europe.

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