Vous ne savez ni lire ni écrire, mais souhaitez envoyer des e-mails ou discuter en ligne ? Le système Picto traduit le texte en pictogrammes et vice versa, permettant aux personnes en situation de handicap mental de s'intégrer pleinement à la société numérique.
Envoyez un e-mail à un collègue, consultez le site de votre journal préféré, tweetez sur le voisin ou postulez à un emploi : le texte domine le numérique. Pourtant, en Europe, 2 à 5 millions de personnes trouveraient la communication digitale plus accessible via des pictogrammes plutôt que du texte. C'est pour elles que nous avons développé Picto, un système intelligent de traduction automatique bidirectionnelle entre texte écrit et pictogrammes.
Pour de nombreuses personnes en situation de handicap mental, les pictogrammes comme Sclera et Beta sont déjà des outils quotidiens dans les écoles flamandes, centres de jour et ateliers protégés. Ces milliers d'icônes facilitent l'échange d'idées sur les besoins basiques, activités, émotions, ustensiles, personnages de contes ou animaux préférés.
De nombreuses personnes en situation de handicap mental se sentent exclues du numérique, le texte écrit étant souvent trop complexe pour elles.
Sclera et Beta excellent en communication hors ligne, mais en ligne, l'absence d'icônes posait problème. Des retours comme « Moi aussi, je veux être sur Facebook », « Je veux écrire avec la photo de ma sœur » ou « Je veux potiner sur mon superviseur » ont inspiré Picto : une technologie bidirectionnelle, Text2Picto et Picto2Text.
« Aha ! Pourquoi Marc porte-t-il des vêtements fous ? » Dans un centre de jour, une utilisatrice teste l'app Facebook sur sa tablette. Elle sélectionne le titre d'une photo, et des icônes apparaissent : « Oh, il est à une fête. Pour Halloween ! » s'exclame-t-elle.
Text2Picto convertit le texte en icônes Sclera ou Beta pour les non-lecteurs. Il analyse le texte via reconnaissance du discours, POS tagging, etc., distinguant par exemple « bij » (bague) de « bij » (abeille). Pour « Je suis à la boulangerie », il évite l'image d'insecte.
Sans icône exacte, il propose un équivalent : « saumon » devient « poisson », « cappuccino » « café », « guéri » « pas malade ».

Nos améliorations récentes incluent un correcteur orthographique adapté à l'orthographe phonétique (ex. « wiekent » pour « week-end ») et une meilleure résolution d'ambiguïtés comme « feuille » (plante ou papier ?).
« Aimez-vous discuter ? » Une utilisatrice hoche la tête. « De votre journée ? D'amour ? » Elle rougit ; son superviseur explique : « Elle préfère composer seule ses messages sensibles avec des icônes. »
Picto2Text traduit les séquences d'icônes en texte fluide. Les non-écrivants peuvent ainsi poster seuls en ligne.
Inspiré de techniques comme Google Translate, il inclut une interface intuitive et un prédicteur d'icônes suggérant des compléments, comme l'autocomplétion de Google.

Aujourd'hui, Picto équipe WAI-NOT, site accessible pour jeunes nécessitant un soutien (langage simple, synthèse vocale, jeux, chats modérés). Des centaines d'e-mails y sont envoyés quotidiennement. Des versions anglaise et espagnole existent via le projet européen Able to Include.
Nouveau public : immigrés flamands non-néerlandophones. Pictorand, app pour PC/smartphones, remplace les livrets papier jugés embarrassants.
Picto évolue : meilleures solutions, nouveaux publics, applications innovantes. Internet a de la place pour tous.

Photo : Des dizaines d'utilisateurs à Dudley et Madrid ont testé les versions anglaise et espagnole de Picto, fournissant des retours hebdomadaires détaillés.
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