Pour la onzième année consécutive, le Service du Patrimoine Naturel (SPN) du Muséum national d’Histoire naturelle a publié, début décembre, le bilan annuel de son recensement exhaustif des espèces de faune (animaux), flore (végétaux) et fonge (champignons), terrestres et marines, sur l’ensemble des territoires français. Cette liste officielle, qui valide les présences, disparitions, endémismes ou introductions, atteint désormais 153 576 espèces : 87 325 en métropole et 70 458 en outre-mer.
Bien que la majorité des espèces encore à découvrir concerne les micro-organismes, plusieurs dizaines de nouveaux êtres vivants sont recensés chaque année en France pour la première fois, y compris les introductions volontaires ou accidentelles. Ainsi, les scientifiques décrivent environ 25 nouvelles espèces d’origine métropolitaine par an. En 2013, ce chiffre a culminé à 363 pour l’ensemble du territoire.
Les territoires ultramarins français – Guyane, Antilles, Saint-Pierre-et-Miquelon, Mayotte, Réunion, îles Éparses, Terres australes et antarctiques, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Polynésie française et Clipperton – offrent une biodiversité exceptionnelle grâce à des études approfondies. Sur les six dernières années, plus de 10 000 espèces ont été ajoutées annuellement à la liste, qui en compte aujourd’hui 70 458, soit seulement 10 % de l’estimation totale.
En métropole, plus de 80 % des espèces observées sont désormais répertoriées. Les insectes représentent 60 % du total, tandis que champignons et lichens en comptent près de 15 000.
La France métropolitaine abrite environ 4 900 espèces de plantes supérieures indigènes (Trachéophytes : ptéridophytes, gymnospermes, chlamydospermes et angiospermes). Avec 40 % des espèces végétales européennes, elle se classe troisième derrière l’Espagne (7 500), l’Italie (5 600) et la Grèce (5 000), loin devant l’Allemagne (3 000) ou le Royaume-Uni (1 400).
En incluant les espèces naturalisées (introduites et installées durablement), subspontanées (échappées de culture sans propagation) et accidentelles (apparitions sporadiques), le nombre d’espèces végétales observées dépasse 6 000. Hormis les départements urbanisés de la petite couronne parisienne, chaque département héberge au moins 1 200 espèces indigènes ou naturalisées, les Alpes-Maritimes en tête avec 2 700.
En métropole, 2 357 espèces endémiques (uniques au territoire) ont été identifiées (contre 1 958 en 2008), plus 2 588 naturalisées. En outre-mer, 10 968 endémiques et 3 046 introduites, contre à peine 500 en 2008, témoignant des progrès réalisés.
Élaboré depuis 11 ans, le référentiel TAXREF (8e version) est diffusé gratuitement sur le site de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN), plateforme du Système d’Information sur la Nature et les Paysages (SINP) du ministère de l’Écologie. Ce socle commun facilite les échanges de données entre acteurs de la biodiversité.
Pour télécharger gratuitement les référentiels taxonomiques complets, cliquez sur le lien.
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