Le krill est un petit crustacé aux multiples vertus, indispensable à la chaîne alimentaire marine. Son nom provient du norvégien « krill », signifiant « petit alevin de poisson ». Bien qu'il ne soit pas un poisson, il est apparenté aux crevettes et homards. Présent dans tous les océans, l'espèce Euphausia superba, ou krill antarctique, détient la plus grande biomasse animale de la planète. Selon le Registre mondial des espèces marines, elle pèse environ 379 millions de tonnes, surpassant la masse totale de l'humanité.

Bien que le krill antarctique soit le plus abondant, il n'est qu'une des 85 espèces connues, réparties en deux familles : les Euphausiidae (20 genres) et les Bentheuphausia, vivant en eaux profondes.
Apparenté aux crevettes, le krill arbore de grands yeux noirs, un corps translucide et un exosquelette chitineux rouge-orangé. Son système digestif est visible. Composé de trois segments (céphalothorax fusionné et pléon), il possède des thoracopodes pour l'alimentation et le toilettage, ainsi que cinq paires de pléopodes pour la natation. Ses branchies proéminentes le distinguent des autres crustacés.
Un krill adulte mesure généralement 1 à 2 cm, certaines espèces atteignant 6 à 15 cm. La plupart vivent 2 à 6 ans, jusqu'à 10 ans pour d'autres.
Sauf Bentheuphausia amblyops, tous sont bioluminescents grâce à des photophores. Leur rôle exact reste mystérieux : interactions sociales ou camouflage ? Ils acquièrent ces composés via une alimentation incluant des dinoflagellés luminescents.

Le cycle varie selon les espèces. Les œufs éclosent en larves passant par plusieurs stades, muant régulièrement. Les jeunes se nourrissent d'abord du vitellus, puis de phytoplancton dans la zone photique.
La reproduction dépend du climat : le mâle dépose un spermatophore au thelycum de la femelle, qui porte des milliers d'œufs (jusqu'à un tiers de sa masse). Plusieurs pontes par saison ; certains diffusent les œufs, d'autres les incubent.
Le krill forme d'immenses essaims protecteurs contre les prédateurs. Diurne en profondeur, il remonte en surface la nuit. Certains essaims sont visibles par satellite, attirant baleines, phoques et oiseaux en frénésie alimentaire.
Les larves suivent les courants, mais les adultes nagent à 2-3 longueurs de corps par seconde, fuyant à plus de 10 en « homardant ».
Poïkilotherme, sa longévité dépend de la température : 6-8 mois en eaux tropicales, plus de 6 ans en zones polaires.

Filtreur, il capture plancton, diatomées, algues et alevins via ses thoracopodes. Omnivore majoritairement, parfois carnivore.
Ses déchets enrichissent l'eau et le cycle du carbone. Espèce-clé, il convertit le phytoplancton en nourriture pour baleines à fanons, phoques, poissons et pingouins.
Le krill antarctique dépend des algues sous la banquise. Sans glace, il meurt de faim après 100 jours. Les populations ont chuté de 80 % depuis 1970, dues au changement climatique, à la surpêche et aux maladies.

Pêché dans l'océan Austral et au Japon, il sert à l'aquaculture, appâts, aliments pour bétail et compléments (oméga-3 riches). Consommé au Japon, en Russie, Philippines et Espagne, il évoque la crevette, plus salé.
Malgré sa biomasse, la surpêche menace cet équilibre écologique vital.
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