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Mal des montagnes : symptômes, causes et prévention par des experts

La semaine dernière, quatre alpinistes ont succombé aux effets du mal des montagnes sur le mont Everest.

Mal des montagnes : symptômes, causes et prévention par des experts

Sur le mont Everest, quatre alpinistes ont péri en quelques jours dus au mal des montagnes, deux sont portés disparus et trente sont malades. Qu'est-ce que le mal des montagnes ?

C'était sa première ascension majeure. Fin octobre, Joris Rietman, avec 29 autres Néerlandais, a entrepris l'ascension du Mera Peak (6 476 m) dans l'Himalaya. La plupart des participants étaient novices, mais l'expédition s'est déroulée progressivement, avec un temps suffisant pour l'acclimatation. Préparés pendant des mois aux Pays-Bas par Renée de Bos – premier Néerlandais au sommet de l'Everest – et le médecin Ronald Hulsebosch, compagnon de la première ascension néerlandaise du K2.

Malgré ces précautions, tout a basculé. « À 5 200 m, je me suis soudain senti mal. Pas d'appétit depuis deux jours, j'avais trop peu mangé. J'ai vomi toute la nuit dehors. La veille, je me sentais encore en pleine forme, confiant. Mais après cette nuit, mon énergie avait disparu. Chaque pas était un effort immense, une fatigue écrasante, et le pire mal de tête de ma vie. Les analgésiques n'ont rien fait. Le lendemain, j'ai su que le sommet était hors de portée. J'ai redescendu avec un Sherpa. »

Au Kilimandjaro, 80 % des alpinistes souffrent du mal des montagnes.

Joris présentait les symptômes classiques du mal aigu des montagnes (MAM) : maux de tête, nausées, vomissements, perte d'appétit, fatigue extrême, vertiges, insomnie et apathie.

Facteurs génétiques
Comme Joris, de nombreux alpinistes sont touchés annuellement. Bien que les chiffres précis manquent, on estime que 80 % des grimpeurs du Kilimandjaro (5 895 m) en souffrent.

Le manque d'expérience n'explique pas tout. « La susceptibilité au mal des montagnes est héréditaire, c'est de plus en plus évident », explique le Dr Remco Berendsen, médecin de montagne et anesthésiste à l'université de Leiden. « Le seul prédicteur fiable est un épisode précédent en altitude », ajoute la Dre Edith Kortekaas, alpiniste expérimentée et médecin au centre médical universitaire d'Utrecht.

Berendsen, qui a conquis le Cho Oyu (8 201 m) en 2006 sans symptômes, compare : « Imaginez monter des escaliers en respirant par une paille : pas à pas, avec pauses fréquentes. C'est l'altitude. »

Bien que l'air contienne 21 % d'oxygène partout, la pression atmosphérique diminue en altitude, réduisant la quantité absolue d'oxygène disponible. « Il faut une pression suffisante pour diffuser l'oxygène dans le sang », précise Berendsen. 60 à 70 % des alpinistes sur Cho Oyu ou Everest utilisent de l'oxygène en fin d'ascension.

Prévenir en montant doucement
La clé : l'acclimatation. « Montez haut, dormez bas, et ne gagnez pas plus de 500 m par nuit. Prévoyez une journée de repos tous les 1 000 m », conseille Berendsen. Les jeunes en forme excellent souvent, mais négligent le temps, contrairement aux plus de 50 ans.

Le manque d'oxygène provoque un gonflement cérébral et une fuite vasculaire, exerçant une pression sur les méninges.

Le mal de tête persistant résulte d'un œdème cérébral : vaisseaux dilatés, cellules gonflées, inflammation. Chez les seniors, un cerveau légèrement atrophié offre plus d'espace.

Seuil critique : 2 500 m
Au-delà de 2 500 m, le risque explose. Utilisez la Lake Louise Score pour évaluer : score ≥ 3 = MAM, stoppez l'ascension et descendez. Amélioration rapide en perdant 300-500 m.

Mal des montagnes : symptômes, causes et prévention par des experts

Formes graves : œdèmes pulmonaire et cérébral
Le MAM peut évoluer en HACE (œdème cérébral) ou HAPE (pulmonaire). HACE : maux de tête intenses, troubles coordination, confusion. HAPE : indépendant, réagit par vasoconstriction pulmonaire menant à un liquide dans les poumons (3-5 % au-delà de 4 000 m).

Traitement vital : descente immédiate, oxygène, sac hyperbare, dexaméthasone ou acétazolamide (Diamox). Ce dernier, préventif, accélère l'acidose respiratoire mais cause nausées ou diarrhée.

Berendsen cite trois cas mortels en 2008. L'ignorance persiste : guides sous-formés, grimpeurs mal informés. La base NHDB (NKBV) vise à mieux cerner ces pathologies via auto-enregistrement.

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