Tous les champignons ne sont pas pathogènes pour les plantes. Certains, au contraire, les renforcent. Mais comment les plantes distinguent-elles un hôte bénéfique d'un envahisseur malveillant ?

Piriformospora indica, un champignon symbiotique, colonise une vaste gamme d'espèces végétales, des orchidées au tabac, en passant par l'orge et même la mousse. Son succès s'explique par son absence d'intention nocive : il stimule même la croissance des plantes.
Des biologistes allemands ont élucidé ce mécanisme. Ils ont identifié une protéine fongique, nommée FGB1, qui agit comme un camouflage. Elle se lie aux molécules de sucre de la paroi cellulaire du champignon, masquant sa présence aux défenses immunitaires de la plante.
Le système immunitaire végétal reste inactif en temps normal pour économiser de l'énergie. Il s'active uniquement en cas d'alerte, via une explosion de radicaux oxygénés qui amplifient les défenses et éliminent les intrus, si la colonisation n'est pas trop avancée.
Grâce à FGB1, P. indica échappe à cette détection, rendant la plante « aveugle » à son invasion.
Cette découverte ouvre des perspectives pour l'agriculture – cultures plus résistantes aux maladies – et la médecine – meilleure acceptation de médicaments ou greffes par le système immunitaire humain.
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