Des scientifiques américains de la Harvard Medical School ont identifié une molécule produite par les muscles pendant l'exercice, qui favorise activement la combustion des graisses.

Une molécule musculaire au cœur des bienfaits de l'exercice sur la perte de poids.
Il est établi que l'activité physique améliore la santé globale, mais les mécanismes sous-jacents restent en partie mystérieux. Dans les muscles, la protéine PGC-1α joue un rôle essentiel en activant des gènes qui boostent la dépense énergétique. Bien que cette protéine reste confinée au tissu musculaire, elle exerce une influence à distance sur d'autres organes, comme le tissu adipeux, où elle active des gènes favorisant la combustion des calories.
Pour élucider ce phénomène, des chercheurs de la Harvard Medical School ont stimulé la production de PGC-1α dans les muscles de souris. Ils ont ensuite analysé les métabolites libérés dans le sang, capables d'agir sur d'autres tissus. Ils ont isolé l'acide β-aminoisobutyrique (BAIBA), qui transforme la graisse blanche (stockage d'énergie) en graisse brune (combustion calorique) et accélère l'oxydation des graisses dans le foie.
BAIBA agit ainsi comme un "messager" hormonal de PGC-1α, procurant des effets bénéfiques à l'ensemble du corps. Chez les souris recevant du BAIBA par voie orale, une perte de poids significative et une amélioration de la glycémie ont été observées.
Vers une pilule anti-obésité miracle ? C'est encore prématuré. Néanmoins, les niveaux de BAIBA sont plus bas chez les personnes à risque de maladies cardiovasculaires ou de diabète, souvent liées à la sédentarité ou au surpoids. Chez des sédentaires reprenant l'exercice, la concentration sanguine de BAIBA augmente de 17 %.
Les études se poursuivent sur des modèles animaux pour évaluer la sécurité et l'absence d'effets secondaires. Publiée dans Cell Metabolism en 2020, cette recherche ouvre des perspectives pour des traitements contre l'obésité et le diabète.
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