Le Kryptolebias marmoratus, un cyprinodonte hermaphrodite originaire d'Amérique du Nord et centrale, est capable de s'autoféconder. Pourtant, ses populations affichent une diversité génétique étonnamment élevée. Comment cela est-il possible ?

Ce poisson unique, seul vertébré connu à s'autoféconder, excelle dans des environnements extrêmes : eau douce, eau saumâtre ou hypersaline, et même sur terre jusqu'à deux mois, en respirant à travers sa peau.
Comment maintient-il une variabilité génétique malgré une reproduction quasi clonale ? Lors d'une reproduction sexuée classique, le brassage des ADN mâle et femelle génère de nouvelles combinaisons adaptées aux changements environnementaux.
Des biologistes américains ont élucidé le mystère : environ 5 % des individus naissent mâles, permettant une reproduction sexuée rare mais cruciale. Les hermaphrodites (majorité des populations) pondent plus d'œufs en présence de mâles génétiquement distincts, comme s'ils détectaient ces "étrangers" à distance pour booster la diversité.