Lorsque l'on évoque les technologies luttant contre le changement climatique, les panneaux solaires ou les voitures électriques viennent immédiatement à l'esprit. Pourtant, le secteur financier joue un rôle crucial via la fintech, qui mobilise algorithmes, passerelles de données et intelligence artificielle pour accompagner clients et partenaires dans leur transition écologique.
Une branche émergente, la "fintech climatique", répond aux enjeux de durabilité et financiers. De nouvelles startups comme Norsia, spécialisée dans l'investissement durable, dynamisent ces marchés en pleine expansion. Les géants traditionnels, tels que les plateformes de paiement, s'associent également pour offrir des solutions adaptées à la demande croissante d'action climatique.
Le secteur bancaire, aux centaines de milliards de dollars de valorisation, dessert particuliers et entreprises. Historiquement orienté profits, même via des investissements fossiles risqués, il doit aujourd'hui rediriger les capitaux vers des projets bas-carbone pour atténuer efficacement le réchauffement.
Des leaders comme Mastercard collaborent avec des fintech environnementales, telles que la suédoise Doconomy. En avril dernier, ils ont lancé le calculateur de carbone Mastercard, qui évalue l'empreinte carbone des achats par catégorie via une app ou un portail en ligne.
Les banques personnalisent cet outil en proposant compensations carbone ou dons environnementaux, allégeant ainsi l'impact des dépenses clients.
"La technologie climatique et la fintech climatique émergent avec force dans ce secteur... Je vois cela s'accélérer", déclare Sue Kelsey, vice-présidente exécutive de Global Consumer Products chez Mastercard.
Pour booster cette dynamique, Mastercard a inauguré en septembre un laboratoire d'innovation durable dédié aux investissements verts.
La fintech ne se limite pas aux banques existantes : elle crée des néobanques 100 % digitales, sans agences physiques, optimisant transactions via apps et sites web.
"Imaginez : pas de papier, pas de déplacements, moins de carburant, plus d'efficacité", explique Anabel Perez, PDG de NovoPayment, qui aide les entreprises à lancer banques numériques et solutions cartes.
Andrei Cherney, PDG d'Aspiration, néobanque engagée climat, souligne la logique d'innover financièrement pour l'environnement.
"La fintech climatique est essentielle : l'argent déplace des montagnes. Des produits facilitent des actions quotidiennes puissantes et automatisées contre le climat", ajoute-t-il.
Aspiration propose des comptes "sans combustibles fossiles", excluant pipelines et assimilés, et plante un arbre par transaction via Eden Reforestation Projects : plus de 49 millions d'arbres déjà financés.
Cherney alerte sur le greenwashing persistant : malgré avancées et engagements net zéro (comme Wells Fargo), beaucoup de banques financent encore les fossiles.
"L'intérêt pour le climat croît, car 'suivre l'argent' révèle les financeurs des pollueurs", conclut-il.