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Stratégie climatique de l'Armée américaine : adaptation au réchauffement et maintien des capacités de combat

Mardi, l'Armée américaine a publié sa stratégie climatique, un plan ambitieux détaillant les étapes et objectifs pour s'adapter au changement climatique tout en préservant sa capacité à mener des opérations militaires. Ce document couvre des mesures comme la réduction des gaz à effet de serre et l'électrification des véhicules, transformant les pratiques existantes sans limiter les missions.

Ce rapport de 20 pages identifie trois axes principaux : l'amélioration des bâtiments, l'optimisation des achats de véhicules et des chaînes d'approvisionnement, ainsi qu'une formation renforcée.

"Les effets du changement climatique pèsent sur les chaînes d'approvisionnement, endommagent nos infrastructures et augmentent les risques pour les soldats et leurs familles en raison de catastrophes naturelles et de conditions météorologiques extrêmes", écrit Christine E. Wormuth, secrétaire à l'Armée, en avant-propos. "L'Armée doit adapter l'ensemble de ses activités et poursuivre des stratégies d'atténuation des gaz à effet de serre pour réduire les risques climatiques."

Pour ses plus de 130 installations mondiales, l'Armée vise à intégrer une production d'électricité sans carbone sur site d'ici 2040, via des énergies éolienne et/ou solaire. Le chauffage et l'alimentation des bâtiments représentent une consommation énergétique majeure, bien que des progrès aient été réalisés grâce à la réduction du nombre de bases et à la construction de nouvelles selon des normes d'efficacité énergétique.

L'électrification des véhicules réduit les émissions et diminue la dépendance aux convois de carburant, vulnérables et gourmands en ressources. Elle limite ainsi la reliance aux combustibles fossiles sur le terrain et à l'échelle globale.

La formation, notamment du Corps du génie, garantit que les nouvelles bases intègrent la résilience climatique, face au dégel du permafrost ou à l'assèchement des sols, adaptant les procédures standards.

La mission principale de l'Armée reste "déployer, combattre et gagner les guerres de la nation en assurant une domination terrestre prête, rapide et soutenue". Reconnaître l'impact du réchauffement sur le climat, le terrain et les activités humaines est essentiel pour maintenir cette capacité.

Comme de nombreuses institutions, l'Armée vise des réductions nettes des émissions de gaz à effet de serre, incluant compensations et baisses directes. Ses objectifs : -50 % net d'ici 2030 (vs 2005) et zéro net d'ici 2050. Ces cibles sont exigeantes pour une force dépendante des fossiles, comme le char M1 Abrams (0,6 mpg).

Les chars, avec leur blindage lourd, sont difficiles à électrifier. Les véhicules légers le seront plus tôt : tous les non-tactiques électrifiés d'ici 2035, hybrides-électriques en combat d'ici 2035, et fully électriques d'ici 2050, avec infrastructures de charge.

Cette électrification des transports terrestres aura un impact majeur compte tenu du parc véhicules de l'Armée.

Selon une étude de 2019 de Neta C. Crawford (Université Brown), l'Armée est le deuxième plus grand consommateur de carburant militaire après les Marines, derrière la Navy (navires, avions) et l'Air Force (transports, chasseurs). L'aviation reste la principale source d'émissions.

Malgré une consommation terrestre moindre, l'Armée dépend des transports longue distance. Les véhicules électriques, alimentés par renouvelables, réduiront l'empreinte, mais leur acheminement reposera sur des moyens émetteurs.

"Des réductions plus importantes des émissions seront obtenues en restructurant la posture militaire, en réduisant les opérations et bases mondiales, et en fermant des sites aux États-Unis, potentiellement reboisés", note Crawford.

La stratégie vise à optimiser les modèles énergétiques existants vers l'efficacité et les renouvelables, verdissant l'Armée sans la recréer de zéro.


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