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Perte de biodiversité aux États-Unis : les régions où elle s'effondre le plus rapidement

La biodiversité est le moteur de la vie sur Terre, des micro-organismes aquatiques aux arbres majestueux. Pourtant, ces dernières années, l'humanité peine à la préserver. Les recherches montrent un déclin sans précédent : en 2019, une espèce sur quatre était menacée d'extinction, avec des taux mille fois supérieurs à ceux d'avant l'ère humaine, et des projections encore plus alarmantes. Cette perte impacte directement les humains, en affectant l'accès à l'eau potable et la productivité agricole à mesure que les écosystèmes s'effritent.

La crise de la biodiversité est inextricablement liée au changement climatique. Non seulement ce dernier accélère la disparition des espèces, mais la dégradation des écosystèmes naturels entrave la séquestration du carbone. Par exemple, les sécheresses et incendies ravageant l'Amazonie empêchent la régénération des forêts, limitant leur rôle de puits de carbone. Le dernier rapport du GIEC, publié récemment, insiste sur ce point : 14 % des espèces risquent une extinction élevée, même dans les scénarios de réchauffement les plus optimistes.

"Perte de biodiversité, pressions sur l'agriculture, risques sanitaires : ces enjeux du GTII ne datent pas d'hier", déclare Katharine Hayhoe, scientifique en chef de The Nature Conservancy. "Nous les surveillons depuis des années. Ce qui émerge, c'est la preuve irréfutable que le climat exacerbe ces défis à un rythme que l'humanité peine à contrer, frappant d'abord les plus vulnérables."

Malgré l'ampleur des enjeux, localiser précisément les espèces en péril reste complexe. Les cartes traditionnelles se focalisent souvent sur les grands vertébrés et les aires de répartition globales. Une nouvelle étude, publiée la semaine dernière dans Ecological Applications, cartographie les habitats optimaux pour des milliers d'espèces aux États-Unis, du cyprès de l'île de Santa Cruz à l'écrevisse naine torsadée et au bourdon de Cockerell.

Dans les 48 États contigus, près de 300 espèces végétales et animales à risque échappent totalement aux zones protégées, qui couvrent seulement 13 % du territoire continental (environ 316 millions d'acres). L'administration Biden vise 30 % d'ici 2030.

"On pense souvent à la biodiversité en termes de forêts tropicales ou de récifs coralliens, mais les États-Unis abritent une richesse mondiale exceptionnelle", explique Healy Hamilton, scientifique en chef de NatureServe. "Cette carte identifie les zones prioritaires pour prévenir les extinctions à travers le pays."

Les régions les plus critiques se concentrent sur la côte californienne et le Sud-Est. Les invertébrés d'eau douce en danger pullulent dans le Sud-Est, comme deux espèces de moules endémiques de la rivière Escambia en Floride. Les pollinisateurs menacés se regroupent sur la côte ouest et dans la Rust Belt.

Sur plus de 800 espèces étudiées sur terres fédérales, 85 % ne bénéficient pas de la protection de l'Endangered Species Act, dont 326 dépendent principalement de terres fédérales à usage multiple. 66 % des zones prioritaires non protégées sont privées. Près de 90 % des Américains vivent à moins de 50 km d'un hotspot de biodiversité, selon Sean T. O'Brien, PDG de NatureServe.

"La plupart ignorent l'ampleur de nos espèces en péril et leur proximité avec ces zones cruciales", ajoute O'Brien.

Chacun peut agir : soutenez les fermes locales, plantez des espèces indigènes et mellifères, réduisez votre consommation d'eau, et engagez-vous dans des initiatives locales de conservation pour protéger nos écosystèmes les plus fragiles.


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