Le réchauffement climatique anthropique est la cause principale de l'intensification des incendies de forêt à l'échelle mondiale. Pourtant, des chercheurs du Pacific Northwest National Laboratory ont mis en évidence un facteur surprenant : la perte de glace de mer dans l'Arctique alimenterait les feux dans l'ouest des États-Unis.
La banquise arctique recule depuis les années 1970 et pourrait disparaître presque entièrement d'ici 2050. Ce phénomène génère des téléconnexions climatiques, reliant des régions éloignées. Hailong Wang, co-auteur de l'étude, explique que les schémas de circulation atmosphérique sont au cœur de ces interactions.
En été, l'absence de glace expose l'océan à un rayonnement solaire accru. À l'automne, la chaleur libérée réchauffe l'air froid, formant un cyclone de basse pression. Ce système migre vers le sud, déviant le jet-stream polaire. Résultat : l'humidité est chassée de l'ouest américain, favorisant une haute pression, un air sec et chaud, et une aridité accrue des combustibles forestiers.
Pour démontrer ce lien, les chercheurs ont analysé des données satellitaires de 1981 à 2019 (concentration de glace, température, humidité, précipitations). Yufei Zou, auteure principale, a développé un modèle d'incendie évaluant les interactions climat-écosystèmes. En isolant l'effet de la glace arctique, ils ont observé son influence parallèle sur les systèmes de pression américains.
En comparant six années de glace maximale et minimale, Wang a montré que son état impacte les risques d'incendie autant que la variabilité naturelle annuelle.
Cette étude complète d'autres recherches sur les effets directs du changement climatique, comme la hausse des températures et la combustibilité accrue des forêts. Le nombre d'incendies dans l'ouest des États-Unis a doublé entre 1984 et 2015.
Cette téléconnexion éclaire l'évolution climatique globale et aide à anticiper les saisons de feux plus sévères. Olivia Romppainen-Martius, chercheuse à l'Université de Berne (non impliquée), plaide pour traduire ces découvertes en actions d'adaptation : "Réduire la vulnérabilité et l'exposition pour sauver des vies."
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