Chaque tonne de CO2 émise fait fondre trois mètres carrés de banquise arctique.

Chaque tonne de CO2 émise provoque la fonte de trois mètres carrés de glace de mer.
L’été dernier, la banquise arctique a enregistré son deuxième niveau le plus bas depuis le début des mesures satellitaires, juste après 2012. La tendance est alarmante : la glace de mer disparaît à un rythme accéléré, menaçant un Arctique sans glace en été. Une étude récente publiée dans Science établit un lien direct entre les émissions de gaz à effet de serre et cette fonte accélérée, permettant d’estimer le calendrier de cette disparition.
Les chercheurs ont calculé que chaque tonne de CO2 émis entraîne la perte de trois mètres carrés de glace. « Cela signifie que la banquise disparaîtra après l’émission de 1 000 milliards de tonnes de CO2 », explique Dirk Notz, du Max-Planck-Institut für Meteorologie. « C’est précisément le budget carbone restant pour limiter le réchauffement à 2 °C. »
Le moment où l’Arctique deviendra libre de glace dépend donc de notre capacité à rester sous ce seuil. « Nous émettons actuellement environ 35 milliards de tonnes de CO2 par an », précise Notz. « À ce rythme, l’Arctique pourrait être sans glace en été dans une trentaine d’années. » L’accord de Paris, visant à limiter le réchauffement à 2 °C et idéalement 1,5 °C, influencera ce scénario.
Pour 1,5 °C, le budget résiduel est de 400 milliards de tonnes, épuisé en une décennie au rythme actuel. Réduire les émissions à grande échelle ou capturer le CO2 atmosphérique sera crucial. À 1,5 °C, une banquise estivale persisterait encore ; à 2 °C, elle disparaîtrait totalement.