Les planétologues ont détecté des indices indirects d'une couche de glace d'environ un mètre d'épaisseur au fond de certains cratères autour du pôle nord de Mercure et du pôle sud de la Lune.
Les planétologues ont identifié des indices indirects d'une couche de glace d'environ un mètre d'épaisseur au fond de certains cratères proches du pôle nord de Mercure et du pôle sud de la Lune (Nature Geoscience, 22 juillet).
Depuis longtemps, on soupçonne l'accumulation de glace dans des zones éternellement ombragées de Mercure et de la Lune, à l'échelle géologique. Des dépôts de glace épais ont été confirmés dans des cratères mercuriens, mais sur la Lune, seules de modestes quantités avaient été observées jusqu'ici. Cela reste intrigant, les conditions y étant similaires.
Grâce à une méthode statistique innovante, les scientifiques estiment avoir repéré d'épaiss deposits de glace lunaire. Leur approche est simple : analyser un grand nombre de cratères à diverses distances des pôles, en mesurant le rapport moyen profondeur/diamètre. Une accumulation de glace au fond réduit ce rapport.
L'étude n'examine pas les cratères individuellement, dont les variations sont trop prononcées, mais compare les profondeurs moyennes en fonction de la proximité des pôles. Une diminution est observée sur Mercure et au pôle sud lunaire.
Cette tendance suggère des dépôts de l'ordre d'une dizaine de mètres, avec des pics jusqu'à une cinquantaine de mètres. Il reste à confirmer qu'il s'agit bien de glace pure.
Curieusement, aucun signe n'apparaît au pôle nord lunaire. Les chercheurs évoquent des dépôts très minces, peut-être fondus lors d'impacts massifs ayant formé les mers lunaires proches.