Les conséquences de légers changements dans la concentration de CO2 pourraient dépasser les prévisions des modèles climatiques actuels.

Il y a 3,6 à 2,2 millions d'années, l'Arctique connaissait des étés à 15-16 °C, malgré des niveaux de CO2 proches des nôtres actuels. Une équipe internationale de scientifiques publie ces résultats dans la revue Science.
L'étude s'appuie sur des échantillons de sédiments du lac El'gygytgyn, formé il y a 3,6 millions d'années par l'impact d'une météorite créant un cratère de 18 km de diamètre. Ces couches sédimentaires, riches en pollen végétal, offrent un précieux témoignage climatique.
Contrairement aux carottes de glace du Groenland, limitées aux 140 000 dernières années, ces sédiments permettent de remonter plus loin. Ils indiquent une période 3,6 à 2,2 millions d'années où les températures étaient environ 8 °C plus élevées qu'aujourd'hui, avec des étés à 15-16 °C.
Des études antérieures confirment que les concentrations de CO2 étaient alors similaires aux niveaux actuels. Ces données alertent sur un possible avenir arctique sans banquise estivale, soulignant l'impact amplifié de variations de CO2 au-delà des modèles climatiques traditionnels. (ddc)