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Neuroscientifiques de KU Leuven : manipulation du libre choix chez les macaques

Cela signifie-t-il que le libre choix humain peut également être modifié ?

Neuroscientifiques de KU Leuven : manipulation du libre choix chez les macaques

Les neurophysiologistes Wim Vanduffel et John Arsenault de la KU Leuven, avec des collègues de la Harvard Medical School, ont réussi à modifier le libre choix des macaques.

Les chercheurs ont présenté à plusieurs reprises aux macaques un choix entre deux images, identifiant ainsi leurs préférences habituelles. Dans une seconde expérience, ils ont stimulé électriquement la zone tegmentale ventrale – petite région du mésencéphale – chaque fois que les animaux optaient pour l'option non préférée. Résultat : les préférences ont basculé. Les scientifiques ont même inversé ce changement pour restaurer la préférence initiale.

La zone tegmentale ventrale intègre le réseau de récompense cérébral et produit de la dopamine, neurotransmetteur essentiel aux sensations positives comme la récompense. Un comportement récompensé au-delà ou en deçà des attentes se renforce ou s'atténue. « Nos scans confirment que cette stimulation active l'ensemble du réseau de récompense, tel un stimulus naturel », explique le Pr Vanduffel. « Ces découvertes éclairent les troubles associés, comme les addictions ou les déficits d'apprentissage. »

Cela signifie-t-il que le libre choix humain est modifiable ? « Théoriquement oui, mais cette zone profonde nécessite une stimulation invasive via électrodes implantées, comme en stimulation cérébrale profonde pour Parkinson ou dépression », précise-t-il. « Des méthodes non invasives précises (lumière, ultrasons) pourraient un jour poser des risques à distance, mais elles n'existent pas encore. » (ff)


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