Face à l'adoption d'une politique climatique révolutionnaire aux États-Unis, l'opposition persiste malgré l'aggravation de la crise climatique. La réduction des émissions et la transition vers une économie verte restent des défis majeurs.
Le plan Build Back Better (BBB), un projet de loi massif, englobe la réduction des émissions dans les transports, la création d'emplois et la baisse des coûts de santé. Selon Megan Mahajan, responsable de la conception des politiques énergétiques chez Energy Innovation, ce paquet législatif représente « la législation climatique la plus importante de l'histoire des États-Unis ».
Une part essentielle de son impact repose sur le Clean Electricity Performance Program (CEPP). Ce programme, inclus dans le BBB, incite les fournisseurs d'électricité à accélérer la transition vers un réseau 100 % propre d'ici 2035 – objectif fixé par Biden – en récompensant une augmentation annuelle de 4 % des énergies renouvelables comme le solaire et l'éolien, et en pénalisant les manquements. Un rapport de septembre estime que le CEPP générerait à lui seul 7,7 millions d'emplois et injecterait 907 milliards de dollars dans l'économie américaine.
Les utilities investissent déjà dans les renouvelables grâce à leur compétitivité tarifaire, mais le rythme reste insuffisant, selon Mahajan. Une hausse de 4 % par an porterait la part des renouvelables à 70-80 % en 2030, contre 48 % avec le statu quo.
« L'éolien et le solaire sont parmi les ressources les moins chères du marché, avec des progrès notables des utilities. Mais le CEPP accélérerait vraiment la transition », explique Mahajan.
Pour adopter ce projet colossal, les 50 sénateurs démocrates doivent voter oui. L'obstacle principal est le sénateur Joe Manchin (D-W.Va.), représentant un État charbonnier, qui s'oppose au CEPP, craignant un gaspillage d'argent public pour des actions déjà entreprises par le privé, selon un porte-parole cité par E&E News.
Des études récentes de Mahajan et son équipe démontrent pourtant la nécessité du CEPP pour lutter contre la pollution au CO2. Leurs modèles prévoient une réduction des émissions de 45 % d'ici 2030 par rapport à 2005 (entrée en vigueur du protocole de Kyoto), contribuant massivement à l'objectif Biden de 50-52 %. Sans CEPP, le BBB n'atteindrait que les deux tiers de ses réductions prévues. « C'est impressionnant, mais sans CEPP, c'est un trou béant », ajoute Mahajan.
Même sans CEPP, des alternatives émergent. La sénatrice Tina Smith (D-Minn.), fervente défenseure, explore d'autres options. « Nous devons combler ce vide sans le programme d'électricité propre », a-t-elle déclaré au Washington Post. « C'est sur quoi nous travaillons. »
Même avec le CEPP, d'autres mesures sont vitales pour l'objectif de 50-52 %. Cela mobilise États, municipalités et agences comme l'EPA.
« Les actions du Congrès poseront les bases, mais États et collectivités locales ont un rôle clé. Ils ont déjà prouvé leur efficacité pour réduire les émissions, en complément de l'action fédérale », conclut Mahajan.
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