FRFAM.COM >> Science >> Environnement

Lithium Valley : une opportunité pour revitaliser la zone polluée du Salton Sea en Californie

Le monde entier et ses dirigeants œuvrent pour abandonner les véhicules à essence au profit des voitures électriques (VE), afin de réduire les émissions de CO2. Cette transition nécessite une extraction accrue de lithium, métal essentiel aux batteries rechargeables. Cependant, ce processus impacte souvent des communautés marginalisées.

Selon le Los Angeles Times, le lithium provient principalement de bassins d'évaporation en Amérique du Sud et de mines en Australie. L'extraction suscite l'opposition des écologistes et des peuples autochtones, en raison de son empiétement sur des terres sacrées, notamment dans l'Ouest américain. Près du Salton Sea, lac pollué émettant des fumées toxiques et caractérisé par une salinité mortelle pour sa faune, un projet innovant change la donne.

Controlled Thermal Resources, spécialiste des énergies propres, a lancé en novembre le forage de son premier puits, "Hell's Kitchen", extrayant lithium et énergie géothermique. Soutenu par General Motors et d'autres investisseurs, ce projet aspire le lithium des eaux contaminées par des métaux lourds. Il génère emplois, revenus et énergie renouvelable : 50 MW dès 2023 et 20 000 tonnes de lithium en 2024.

"Si bien exécuté, cela dynamisera la région avec des emplois, rendra l'énergie géothermique plus accessible et financera la restauration environnementale via des redevances", déclare Frank Ruiz, directeur du programme Audubon California pour le Salton Sea, au LA Times.

La demande de lithium devrait tripler d'ici 2025, pour les VE mais aussi le stockage solaire et éolien. Le plan infrastructurel de l'administration Biden accélère cette adoption, avec des initiatives comme les routes de recharge dans le Midwest.

Rahul Harkawat, fondateur de Quantum Copper, qui développe des solutions anti-incendie pour batteries lithium-ion, insiste sur l'extraction durable comme à Salton Sea et le recyclage. "L'extraction de métaux comme le nickel se fait souvent dans des pays à faible gouvernance environnementale", note-t-il.

Des batteries plus sûres et recyclables réduisent les risques d'incendie et de déchets toxiques. Redwood Materials recycle déjà 95-98 % des matériaux critiques (lithium, cuivre, nickel, cobalt), évitant leur enfouissement. "Intégrons le lithium dans une économie circulaire", plaide Harkawat.

Des pratiques durables allègent la pression sur les écosystèmes et communautés, essentiels dans un futur dominé par les VE.

[]