Des chercheurs espagnols et américains ont publié cette semaine dans Nature le plus vaste catalogue de diversité génétique des grands singes à ce jour. Cette étude révolutionnaire éclaire l'évolution de ces primates.

Les analyses génétiques révèlent une consanguinité élevée dans presque toutes les populations sauvages de grands singes, particulièrement chez le gorille des plaines de l'Est, qui présente aussi la plus faible diversité génétique, comparable à celle des humains non africains, des chimpanzés occidentaux et des bonobos. En revanche, les gorilles nés en captivité affichent une richesse génétique supérieure grâce à des ancêtres issus de diverses sous-espèces.
À partir de ces données, les scientifiques ont reconstruit un arbre phylogénétique détaillé. L'orang-outan s'est séparé de l'ancêtre commun il y a environ 10 millions d'années, unique espèce asiatique parmi les grands singes. Ont suivi les lignées du gorille et de l'humain.
La branche des chimpanzés s'est diversifiée en raison de barrières naturelles comme les fleuves. Le vaste Congo a isolé les bonobos des chimpanzés il y a moins d'un million d'années. La rivière Sanaga, au Cameroun, a ensuite séparé les chimpanzés de l'Ouest et nigériano-camerounais des populations centrales et de l'Est.
Cette étude porte sur les génomes de 79 individus, sauvages ou captifs, représentant six espèces principales (bonobos, chimpanzés, gorilles de l'Est et de l'Ouest, orangs-outans, humains) et sept sous-espèces. Les chercheurs alertent sur le déclin des populations dû à la perte d'habitat, soulignant l'urgence de ces recherches pour la conservation.
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