Des chercheurs de l'Université de Dundee, en Écosse, démontrent l'impact négatif des pesticides sur le cerveau des abeilles, pollinisateurs essentiels.

Les pesticides, destinés à protéger les cultures contre les ravageurs, affectent également les insectes bénéfiques. Une étude publiée dans Nature Communications révèle que trois pesticides courants – l'imidaclopride et la clothianidine (néonicotinoïdes) ainsi que le coumaphos (utilisé contre l'acarien Varroa, parasite des ruches) – altèrent le centre d'apprentissage dans le cerveau des abeilles.
Ces substances agissent sur les récepteurs nicotinergiques, réduisant l'excitabilité des neurones. Résultat : les abeilles peinent à apprendre et à mémoriser l'emplacement des sources de nourriture. Des tests sur des abeilles vivantes exposées quatre jours à des doses réalistes en conditions agricoles ont confirmé ces effets : 30 % des individus ont échoué aux épreuves d'apprentissage et de mémoire.
Combinés, ces pesticides potentialisent leur toxicité neurologique. Récemment, la Commission européenne a proposé un interdit temporaire des néonicotinoïdes suite à l'alerte de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), mais cette mesure n'a pas obtenu la majorité au Conseil de l'UE. Ces résultats appellent à des stratégies antiparasitaires plus ciblées pour préserver les colonies d'abeilles.
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