L’étourneau sansonnet est une belle créature, mais terne comparé aux membres aux couleurs éclatantes de sa vaste famille des étourneaux africains. Comment expliquer cette diversité ?

Les scientifiques s’interrogent depuis longtemps sur l’origine d’une telle richesse chromatique chez certaines familles d’oiseaux. Les plumages vifs attirent prédateurs et pillards de nids, ce qui ne favorise pas la survie individuelle.
La sélection sexuelle offre une explication probable : si ces traits plaisent au sexe opposé, l’évolution produit des ornements extravagants comme la queue du paon. Reste à comprendre pourquoi tant d’espèces distinctes, aux motifs variés, ont émergé d’un ancêtre discret.
Des chercheurs américains ont percé le secret au microscope. Les couleurs des plumes des étourneaux proviennent des mélanosomes, organites cellulaires remplis de pigments absorbant la lumière. Habituellement en forme de tige, certains présentent des variantes aplaties ou concaves, générant de nouvelles nuances.
Une analyse phylogénétique de la lignée des étourneaux sansonnet africains révèle que les branches dotées de ces mélanosomes innovants ont évolué en couleur dix à quarante fois plus rapidement, tout en produisant de nombreuses nouvelles espèces. L’émergence de teintes inédites divise vraisemblablement les populations – certains les trouvant attirants, d’autres non – favorisant une spéciation accélérée après quelques générations.
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