En 2004, l'ouragan Frances a décimé la population d'une espèce de lézards sur sept îles des Bahamas. Une réintroduction contrôlée a offert aux scientifiques une opportunité unique d'étudier leur évolution en profondeur.

Des chercheurs de l'Université de Californie ont introduit un mâle et une femelle provenant d'une île voisine sur chacune de ces sept îles. Cette approche leur a permis d'évaluer l'impact de la végétation variée sur l'évolution de ces reptiles.
Sur les quatre années suivantes, les scientifiques ont comparé régulièrement les lézards des sept îles expérimentales avec ceux de douze îles témoins. Ils ont observé que tous s'adaptaient à leur environnement tout en conservant les traits génétiques de leurs fondateurs.
L'effet fondateur, selon lequel les individus pionniers déterminent le patrimoine génétique des descendants, fait débat. Certains experts y voient un moteur majeur de l'évolution, tandis que d'autres privilégient la sélection naturelle. Cette expérience démontre que les deux mécanismes coexistent.
Sur les îles à végétation basse, les lézards ont développé des membres plus courts. Cependant, les descendants des fondateurs aux membres longs restaient les plus longs, prouvant l'influence persistante de l'effet fondateur face à la sélection naturelle. (mh)
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