Des scanners cérébraux d'humains et de singes pendant la projection d'un film de cow-boy montrent que les zones aux fonctions similaires ne se situent pas toujours au même endroit.

Des scanners cérébraux d'humains et de singes pendant la visualisation du western The Good, the Bad and the Ugly (Sergio Leone, 1966) révèlent que les zones aux fonctions similaires ne correspondent pas toujours anatomiquement. Recherche menée par Wim Vanduffel (KU Leuven et Harvard Medical School).
Les singes, proches phylogénétiquement des humains, ont longtemps servi de modèles pour étudier notre cerveau. Cependant, des millions d'années d'évolution introduisent des différences notables.
Une méthode innovante, la « neurocinématique », permet de surmonter ces défis comparatifs. Pour la tester, Wim Vanduffel et son équipe ont analysé les cerveaux de 24 humains et 4 singes rhésus pendant la projection du film. Ils ont comparé les réponses neuronales aux stimuli visuels identiques, identifiant les régions fonctionnellement homologues.
L'étude a examiné l'activité dans 34 zones du cortex visuel. Le traitement visuel s'avère hiérarchique chez les deux espèces, avec une forte similitude aux stades initiaux. Néanmoins, des écarts émergent : « Certaines fonctions migrent vers des emplacements non prédits par l'anatomie », explique Vanduffel. « Le cerveau humain n'est pas une simple version améliorée de celui du singe. »
Des facteurs humains comme le langage, la compréhension narrative ou l'attrait pour Clint Eastwood influencent nos réponses, contrairement aux macaques. L'équipe affine sa méthode pour explorer davantage l'évolution cérébrale. Publiée dans Nature Methods.