Les mésanges charbonnières britanniques arborent un bec nettement plus long que leurs congénères européennes, un phénomène probablement lié aux mangeoires fournies par les humains.

Des chercheurs des universités d'Oxford (Royaume-Uni) et de Wageningen (Pays-Bas) ont comparé des spécimens d'oiseaux des forêts de l'Oxfordshire et de la Veluwe. Résultat : les mésanges charbonnières anglaises présentent un bec significativement plus allongé.
Ce changement s'explique par l'accès accru à la nourriture. Au Royaume-Uni, les oiseaux bénéficient des mangeoires et nichoirs installés par les particuliers, recevant près du double de nourriture par rapport à ceux des jardins continentaux.
L'évolution a démarré vers 1970. Grâce à des études longitudinales menées par l'université d'Oxford sur 70 ans, les scientifiques ont documenté ce phénomène avec précision. L'équipe a analysé l'ADN de plus de 3 000 mésanges charbonnières.
Les gènes impliqués chez les oiseaux britanniques rappellent ceux déterminant la morphologie faciale humaine, ainsi que ceux ayant modifié le bec des pinsons dans les travaux emblématiques de Darwin sur la sélection naturelle.
Une enquête est en cours sur d'autres régions européennes. Pour l'heure, le bec le plus long reste caractéristique de la population anglaise.
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