Le changement climatique n'a pas d'impact notable sur les populations de mésanges charbonnières pour l'instant.

Le changement climatique n'a pas d'impact notable sur les populations de mésanges charbonnières pour l'instant.
Il y a quelques décennies, le printemps arrivait plus tard, mais ces dernières années, il s'avance de plus en plus tôt. Les arbres bourgeonnent plus rapidement, et les chenilles, principale nourriture des oisillons, éclosent plus précocement. Or, les oiseaux chanteurs comme la mésange charbonnière (Parus major) peinent à avancer leur période de reproduction. Résultat : les petits naissent souvent après le pic d'abondance des chenilles. Pourtant, selon une étude néerlandaise publiée dans la revue Science, ce décalage n'a pas encore entraîné de déclin populationnel majeur.
Les chercheurs de l'Institut néerlandais d'écologie (NIOO-KNAW) ont analysé 40 ans de données dans le parc national Hoge Veluwe. La population de mésanges y reste stable, malgré un avancement du pic alimentaire deux fois plus rapide que celui de la ponte.
Moins de concurrence pour une meilleure survie
La clé réside dans une mortalité accrue des oisillons due à la pénurie alimentaire précoce. Moins de jeunes survivent, réduisant la concurrence hivernale et boostant les chances de survie des autres. Normalement, sur dix œufs, neuf éclosent, sept s'envolent, et un seul passe l'hiver. Avec moins de rivaux, ce taux grimpe.
Ce mécanisme écologique, bien documenté, est ici lié pour la première fois au désynchronisme climatique. Cependant, l'écart entre pic alimentaire et reproduction continue de s'élargir. Les mésanges doivent s'adapter via la sélection naturelle, favorisant les pontes précoces. « La concurrence réduite n'est qu'un répit temporaire », avertit Marcel Visser du NIOO-KNAW. « L'évolution doit accélérer avant un déclin des populations. » (ddc)
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