Un troisième vaccin est recommandé pour les personnes immunodéprimées et les résidents des maisons de repos et de soins, ainsi que des résidences-services. Cette mesure est désormais étendue à tous les plus de 65 ans. Aucune injection supplémentaire n'est nécessaire pour l'ensemble de la population à ce stade.
Mi-août, la Conférence interministérielle de la Santé publique a décidé que les personnes à système immunitaire affaibli bénéficieraient d'une dose supplémentaire de vaccin contre le COVID-19. Environ 300 000 à 400 000 personnes ont déjà été invitées à recevoir cette troisième dose. Sur la base de données scientifiques, le Conseil supérieur de la Santé (CSS) confirme l'utilité d'une troisième dose pour :
Les ministres de la Santé ont suivi cette recommandation (1).
D'après les données (inter)nationales, le CSS estime que la population générale est suffisamment protégée après une ou deux doses (selon le vaccin). Cette protection est surveillée de près pour évaluer la nécessité éventuelle d'une troisième dose.
L'Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis administrent également une troisième dose aux personnes âgées. En Israël, elle est ouverte dès 12 ans.
Qui est concerné, qui ne l'est pas et pourquoi
Pour évaluer la protection vaccinale, les chercheurs se basent sur les données d'infections épidémiques et les dosages d'anticorps, qui ne reflètent qu'une partie de l'immunité globale.
Le calendrier optimal de vaccination reste à définir pour chaque groupe, faute d'essais pandémiques approfondis. Ajouter une dose n'est pas inédit : les vaccins contre l'hépatite B ou le VPH en comptent trois.
Les preuves actuelles ne justifient pas une troisième dose pour tous. La vaccination de base protège efficacement contre les formes graves du COVID-19, quel que soit le variant.
Pour les immunodéprimés, les arguments sont solides, malgré des études limitées.
Greffés d'organes ou de cellules souches
Les immunosuppresseurs réduisent la réponse vaccinale : seuls 50 % produisent des anticorps après deux doses. Une dose de rappel booste les anticorps chez ceux qui en avaient déjà, mais reste limitée chez les autres (50-75 % sans réponse).
Cancers du sang
Le cancer et ses traitements affaiblissent l'immunité. Chez 43 patients, la troisième dose augmente les anticorps, mais seulement chez les répondeurs initiaux.
Hémodialyse
20 % des patients ne répondent pas à la vaccination de base. La troisième dose booste les anticorps chez la moitié d'entre eux, avec un bénéfice clair.
Maladies inflammatoires chroniques
Sous immunosuppresseurs (Crohn, colite ulcéreuse, rhumatismes), 80-85 % répondent à deux doses. Données manquantes sur le rappel, mais potentiel bénéfice attendu.
Personnes très âgées
Le vieillissement affaiblit l'immunité : un tiers des résidents de maisons de repos ont moins d'anticorps que le personnel. Protection incertaine, d'où la troisième dose.
Plus de 65 ans en bonne santé
Le risque de formes graves augmente après 5-6 mois. Une étude sur plus d'un million de >60 ans montre que trois doses réduisent les infections graves de 20 fois (réserves méthodologiques). Autre étude : hausse significative des anticorps chez 65-85 ans.
Enjeux éthiques
Est-ce éthique de booster les pays riches alors que d'autres manquent de doses de base ? Les vaccins doivent prioriser l'impact maximal. La Belgique a donné 4 millions de doses (2,1 M déjà), sans remettre en cause les dons. L'OMS approuve pour immunodéprimés ; alternatives étudiées pour économiser.
La troisième dose cible immunodéprimés et >65 ans, face à une efficacité réduite après 5-6 mois. Inutile et éthiquement discutable pour le reste de la population.