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Masques buccaux : pour qui et quand sont-ils vraiment utiles contre le COVID-19 ?

La question des masques buccaux a fait l'objet de débats intenses dans les médias pendant des mois. Au début de la crise du COVID-19, ils étaient omniprésents dans les rues. Avec la baisse des hospitalisations et l'assouplissement des mesures, leur port est devenu moins systématique. La discussion sur leur obligation refait pourtant surface.

D'où vient cette confusion ?

Les autorités sanitaires ont émis des recommandations variées ces derniers mois, semant la confusion. Nous résumons ici les connaissances scientifiques les plus récentes et fiables.

On distingue principalement trois types de masques :

  • Masques FFP : Fabriqués en matériau filtrant robuste, ils capturent les particules fines et s'adaptent étroitement au nez et à la bouche. Le code FFP (Filtering Face Piece) indique le niveau de protection : FFP1, FFP2 ou FFP3 (FFP2 le plus courant).
  • Masques chirurgicaux : Classiques, légèrement lâches, ils empêchent principalement l'émission de gouttelettes, comme utilisés en chirurgie.
  • Masques en tissu faits maison : Similaires aux chirurgicaux, mais légèrement moins efficaces.

Les études scientifiques se concentrent sur les soignants, comparant masques chirurgicaux et FFP2. Lors de l'épidémie de SRAS (2002-2003), aucune différence de protection n'a été observée. Des recherches aux États-Unis et au Canada confirment leur équivalence pour prévenir les infections respiratoires. Cela est corroboré par une méta-analyse du Centre Cochrane chinois indépendant.

Une étude sud-coréenne sur le COVID-19 montre que les masques chirurgicaux protègent efficacement les soignants : aucun des 35 exposés n'a été infecté. Les FFP2 sont réservés aux cas intensifs en réanimation COVID-19.

Les recommandations pour le grand public varient. Le 6 avril 2020, l'OMS déconseillait leur usage généralisé, tandis que d'autres autorités (dont aux États-Unis) préconisaient des masques faits maison, en complément de la distanciation et de l'hygiène des mains.

Comment interpréter ces données ?

Les autorités hésitent encore, mais sur la base des recherches, voici des recommandations générales :

  • Pour les soignants en contact intensif avec des patients COVID-19, un masque FFP2 est fortement recommandé pour une protection optimale.
  • Pour les contacts standards, les masques chirurgicaux offrent une protection équivalente aux FFP2 et sont acceptables en l'absence de ces derniers.
  • Pour les personnes potentiellement infectées (souvent asymptomatiques), un masque chirurgical ou en tissu prévient la transmission aux autres.
  • Si vous n'êtes pas infecté et maintenez 1,5 m de distance, le masque n'est probablement pas nécessaire. En cas de proximité impossible ou pour plus de confort, optez pour un chirurgical ou en tissu. Une méta-analyse du 1er juin 2020 ne prouve pas de bénéfice supplémentaire en respectant la distance.
  • Des observations populationnelles (ex. : Hong Kong vs Singapour, Iéna en Allemagne) suggèrent un ralentissement de la propagation, mais il s'agit d'études observationnelles, sensibles à des facteurs non contrôlés.

En juin 2020, l'OMS a adapté ses conseils : port recommandé (chirurgical ou tissu) là où la distanciation est impossible.

Utilisez correctement tout masque : maintenez-le bien ajusté, évitez de le toucher. Retirez-le par les élastiques. Notez que la respiration peut être plus laborieuse.

Conclusion

Les masques sont essentiels pour les soignants exposés. Pour le grand public, l'hygiène des mains, l'étiquette respiratoire et la distanciation priment. Un masque est crucial si vous êtes potentiellement infecté pour protéger autrui. Face à la méconnaissance du statut infectieux, il incarne un geste civique en zones bondées.

Références :

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