À un jeune âge, le compositeur Ludwig van Beethoven a perdu l'audition. Pour continuer à composer, il a ingénieusement utilisé la conduction osseuse. Découvrez comment cela fonctionne.
La créativité de Beethoven pour compenser sa perte auditive remonte à près de 200 ans. À 28 ans, il remarque une détérioration de son ouïe. Il utilise alors une tige en bois : un bout sur le piano, l'autre entre ses dents. Les vibrations du piano se transmettent ainsi directement à son oreille interne.
Dès l'enfance, nous savons que les oreilles captent le son. En biologie et physique (vers la 2e secondaire), on apprend que le son est une onde aérienne. Le pavillon auriculaire l'attrape et l'envoie au tympan via le conduit auditif. Le tympan vibre, entraînant les osselets (marteau, enclume, étrier). Ces vibrations amplifient l'onde vers la cochlée, où elles deviennent des signaux nerveux pour le cerveau. C'est l'audition par conduction aérienne.
La surdité de Beethoven bloquait la conduction aérienne, mais sa cochlée fonctionnait. Il a exploité la conduction osseuse.
Les ondes sonores ne sont pas toutes captées par l'oreille externe : certaines vibrent le crâne et le corps. Dans la conduction osseuse, ces vibrations osseuses agitent directement la cochlée, ancrée dans l'os temporal, stimulant le nerf auditif.
La tige de Beethoven reliait piano et mâchoire, transmettant les vibrations à sa cochlée.
Cet exemple est unique, mais la conduction osseuse est omniprésente. Votre voix enregistrée semble étrange car elle manque les basses transmises par conduction osseuse via les vibrations des cordes vocales. Sans elles, elle paraît plus aiguë.
Le gros avantage de la conduction osseuse : elle contourne toute la chaîne auditive aérienne.
Malgré l'ingéniosité de Beethoven, une application quotidienne a attendu le XXe siècle. Le Pr suédois Per-Ingvar Brånemark a posé les bases en mesurant les vibrations d'implants. Son collègue Anders Tjellström a adapté cela aux malentendants à cochlée intacte.
Ces implants amplifient le son par conduction osseuse, idéaux pour problèmes d'osselets ou de conduit auditif. Le premier a été posé il y a 45 ans.
Aujourd'hui, des milliers de personnes bénéficient de cette technologie, qui transforme micros externes en vibrations osseuses via un implant vissé au crâne.
La recherche continue mondialement. Cochlear, pionnier lié à Tjellström, excelle avec un centre à Malines (Belgique) employant ~100 ingénieurs.
En tant qu'ingénieur chez Cochlear, je recherche sur la conduction osseuse pour améliorer les solutions auditives, inspirées de Beethoven.
En savoir plus ? Visitez cochlear.com ou lisez l'article dans HOREN.
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