Les mésanges en milieu urbain élèvent moins de jeunes, mais leur population reste stable. Comment l'expliquer ?

Les mésanges des zones urbaines nourrissent moins leurs petits et produisent moins de jeunes, pourtant leur nombre ne diminue pas. Décryptage d'un phénomène intrigant.
À première vue, la ville semble accueillante pour les oiseaux. Dans les poches de verdure des villages et villes, le chant joyeux des mésanges résonne encore souvent.
Cependant, une étude de thèse menée par Jacques de Satgé, étudiant en master à l'Université d'Anvers (Belgique), primée en ornithologie, révèle la réalité. Des enregistrements vidéo montrent que les mésanges urbaines apportent beaucoup moins de nourriture à leurs oisillons, et rarement des chenilles – leur mets préféré –, en raison de la rareté des arbres indigènes.
Les conséquences sont claires : les poussins citadins pèsent en moyenne 10 % de moins, et seulement 70 % des nids produisent des vols réussis, contre près de 100 % en forêt. Malgré cela, la population tient bon. Comment ?
Jacques de Satgé identifie un "piège écologique" : la ville attire les mésanges par ses zones vertes et nids potentiels, mais déçoit avec une nourriture inadaptée, entraînant une reproduction faible. Les oiseaux migrent des forêts vers la ville, mais la fitness reproductive y est réduite.
Les mésanges ne "choisissent" pas la ville ; sans forêts environnantes, la population urbaine s'effondrerait à terme. (Source : télévision)
[]