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Changement climatique : des saisons d'allergies plus précoces et intenses d'ici 2100

La saison des allergies printanières pourrait débuter plus tôt et s'étendre de plusieurs semaines d'ici la fin du siècle en raison du changement climatique, selon une nouvelle étude.

Des chercheurs de l'Université du Michigan ont utilisé des modèles informatiques pour simuler l'impact des évolutions météorologiques et des niveaux de CO₂ sur les émissions de pollen des arbres, mauvaises herbes et graminées courantes aux États-Unis. Leurs résultats indiquent des changements dans le timing et la durée des saisons polliniques printanières et automnales, avec une augmentation significative du pollen libéré annuellement.

Ces saisons plus longues et prolifiques aggraveraient l'asthme et le rhume des foins, touchant déjà 10 à 30 % de la population mondiale, comme rapporté le 15 mars dans Nature Communications.

"Cette étude pose les bases pour de futures recherches sur les conséquences du changement climatique sur les émissions de pollen et leurs impacts sanitaires", explique Yingxiao Zhang, co-auteur et scientifique de l'atmosphère.

Les études précédentes, limitées à de petites zones ou quelques espèces, manquaient de données globales aux États-Unis. "Nous disposons de peu de données sur le pollen dans ce pays", note Allison Steiner, co-auteure.

Pour anticiper les futures saisons d'allergies, Zhang et Steiner ont modélisé le pollen sur le territoire continental américain. "Ces informations pourraient aider les allergiques à mieux planifier leurs traitements", ajoute Steiner.

Utilisant un modèle de l'American Academy of Allergy, Asthma and Immunology, ils ont simulé 13 groupes polliniques majeurs sous deux scénarios d'émissions de gaz à effet de serre, comparant 2081-2100 à 1995-2014.

Températures plus chaudes et CO₂ élevé stimulent la croissance et la production de pollen, tandis que les précipitations peuvent le réduire. Les saisons printanières avanceraient de 10 à 40 jours, celles d'été-automne de 5 à 15 jours. Dans le pire scénario, +19 jours de durée ; modéré, +10 jours.

Les émissions annuelles de pollen augmenteraient de 16 à 40 %, doublant avec l'effet CO₂. Cependant, les données sur ce gaz restent limitées à des expériences en laboratoire.

"La température est le principal moteur du décalage des saisons ; elle prolonge la floraison et donc le pollen. Le CO₂ pourrait devenir crucial, mais reste incertain", précise Zhang.

Les changements de couvert végétal aggraveraient localement les saisons, mais moins que température ou CO₂. Les latitudes nord verraient des avancées plus marquées.

Améliorations futures incluront plus de données sur CO₂ et sécheresses. Lewis Ziska (Columbia University) note que le CO₂ pourrait rendre le pollen plus allergène.

Ces résultats confirment les observations existantes et évaluent précisément l'ampleur des changements allergiques futurs.

Malgré les incertitudes, les preuves pointent vers des modifications significatives. "Réduire les émissions limitera le CO₂ et atténuera ces effets", conclut Steiner.


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