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Changement climatique : les tiques d'hiver déciment 86 % des veaux d'orignaux dans le Maine

Cet article a été initialement publié sur Champ et flux.

Le Maine abrite la plus grande population d'orignaux en dehors de l'Alaska, symbole emblématique de cet État. Pourtant, cet animal majestueux est aujourd'hui menacé par une menace minuscule : les tiques d'hiver. Dans une zone à forte densité, couvrant les comtés de Piscataquis et Somerset, 86 % des veaux suivis par les scientifiques sont morts cet hiver. Le principal responsable ? Les tiques d'hiver.

Lee Kantar, biologiste en chef des orignaux au Département des pêches intérieures et de la faune du Maine, l'a expliqué sur les ondes de la radio publique du Maine : « Vous regardez fiche technique après fiche technique de ce que nous avons trouvé dans les bois sur ces orignaux, et c'est le même profil à chaque fois : la tique d'hiver. Sur 70 veaux colliers à l'automne, 60 n'ont pas survécu à leur première année. »

Les tiques d'hiver, ou tiques de l'orignal, observées pour la première fois dans le Maine dans les années 1930, se nourrissent principalement d'orignaux. En automne, leurs larves forment de vastes grappes sur la végétation forestière. Les orignaux s'y accrochent lors de leurs déplacements en saison de rut. Les tiques se nourrissent tout l'hiver, puis se détachent au printemps pour pondre leurs œufs, qui éclosent en été, relançant le cycle.

Traditionnellement, l'hiver freinait leur prolifération : neige précoce ou gels automnaux tuaient les larves, et neiges tardives éliminaient les œufs. Mais le changement climatique bouleverse cela, offrant un paradis aux tiques et un cauchemar aux orignaux.

Alexej Siren, chercheur postdoctoral à l'Université du Vermont collaborant avec Kantar, précise : « Les hivers raccourcissent, les automnes s'allongent, donnant aux tiques plus de temps pour trouver un hôte. Résultat : les orignaux en sont infestés comme jamais. »

Certaines bêtes portent plus de 100 000 tiques. Il y a un siècle, la chasse excessive avait réduit la population à environ 2 000 têtes. Grâce aux efforts de conservation, elle dépasse aujourd'hui 70 000. Le Maine gère rigoureusement ses orignaux : repérage par hélicoptère, colliers GPS, et quotas adaptés dans 21 districts de chasse. La population reste stable, mais cette mortalité record des veaux, couplée à un déclin de la reproduction, sonne l'alarme.

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