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Changement climatique : intensification des précipitations lors de la saison record des ouragans de 2020

La saison record des ouragans dans l'Atlantique en 2020 a produit 30 tempêtes nommées, dont 11 ont touché les côtes des États-Unis. Les vents violents, les ondes de tempête et les pluies intenses ont causé plus de 40 milliards de dollars de dommages.

Une nouvelle étude centrée sur les précipitations extrêmes révèle le rôle majeur du changement climatique dans cette période destructrice. Les scientifiques ont comparé, via des simulations informatiques, la saison 2020 dans les conditions climatiques actuelles et préindustrielles. Résultat : l'élévation des températures de surface des mers a augmenté de 10 % le pic de précipitations sur trois heures des tempêtes tropicales.

« Le changement climatique n'est pas un problème futur ; il est déjà là », souligne Kevin Reed, climatologue à l'Université d'État de New York à Stony Brook. « Il modifie notre météo. Nous devons adapter nos côtes et renforcer notre résilience face à ces événements en évolution. »

Reed et son équipe publient ces résultats le 12 avril dans Nature Communications.

Récemment, les chercheurs ont analysé l'impact du changement climatique sur des tempêtes individuelles comme Irma, Maria et Harvey (2017), Florence (2018) ou Dorian (2019), via la technique de rétropolation. Cette méthode recrée le passé météorologique, contrairement aux prévisions futures.

L'équipe a étudié l'ensemble de la saison 2020 dans le bassin atlantique nord, en générant deux séries de simulations rétrospectives tous les trois jours du 1er juin au 30 novembre : une sous conditions 2020 réelles, l'autre sans influence humaine.

Les émissions de gaz à effet de serre ont réchauffé la surface moyenne mondiale de plus de 1 °C depuis 1850. Dans l'Atlantique nord, les températures de surface des mers étaient 0,4 à 0,9 °C plus élevées en 2020, favorisant des tempêtes plus puissantes.

Les tempêtes tropicales déversent des pluies torrentielles courtes (comme les restes d'Ida en 2021) ou prolongées (comme Harvey). L'analyse porte sur les précipitations sur trois heures et trois jours.

Le changement climatique a boosté les pics de précipitations sur trois heures de 10 % et sur trois jours de 5 % pour l'ensemble des tempêtes. Pour les ouragans majeurs, les hausses atteignent 11 % et 8 % respectivement.

« C'est une découverte clé : le signal climatique est plus fort dans les tempêtes intenses », note Reed. Les vents puissants y capturent plus d'humidité océanique.

« Ces résultats sont cohérents », confirme Haiyan Jiang, spécialiste de l'atmosphère à l'Université internationale de Floride, non impliquée dans l'étude. Elle observe une hausse mondiale de 1,3 % par an des précipitations des cyclones tropicaux.

Les estimations s'alignent sur les observations pour les tempêtes touchant terre. Les données océaniques seront affinées avec de nouveaux satellites, prévoit Reed.

L'équipe prévoit d'analyser 2021 et 2022, et de simuler des scénarios futurs. « Avec plus de réchauffement, ces augmentations s'amplifieront », avertit Reed.

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