La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2021, dite COP26, s'est tenue à Glasgow, en Écosse. Les dirigeants mondiaux y ont appelé à une action climatique décisive, dans un contexte de reprise post-COVID-19.
Le prince Charles, arrivé comme de nombreux leaders en jet privé, a plaidé pour un "nouveau système économique mondial" et une meilleure protection de la biodiversité. "Nous devons parler des solutions et des actions à mettre en œuvre dès aujourd'hui", a-t-il déclaré, cité par The Guardian. "Nous en avons assez parlé : il est temps d'agir."
Frustrée par l'inaction et la désinformation, Greta Thunberg, fondatrice de Fridays for Future, a organisé une manifestation à la COP26, exhortant les dirigeants et multinationales à prendre leurs responsabilités face à la crise climatique. Mais elle n'est pas seule : les pays les plus vulnérables, qui subiront le plus les impacts futurs, font entendre leur voix.
Les nations à faibles émissions pressent les grands émetteurs de respecter leurs engagements. Lazarus Chakwera, président du Malawi, a réclamé les plus de 100 milliards de livres sterling (environ 130 milliards de dollars) promis depuis 2009 par les pays riches pour aider les plus pauvres à s'adapter à la crise. Initialement attendus d'ici 2020, ces fonds sont désormais prévus pour 2023, selon Reuters.
"Remplir cette promesse n'est pas de la charité, mais une responsabilité pour nettoyer ce que vous avez pollué", a déclaré Chakwera à BBC Africa. Cette aide financière, pilier de l'Accord de Paris, est vue comme une forme de réparation.
Les pays en développement ont besoin de fonds pour bâtir des infrastructures résilientes, alors qu'ils contribuent peu aux émissions. Les nations riches, souvent nordiques, affichent les modes de vie les plus polluants. Pourtant, après plus de vingt ans de COP, les émissions de CO2 augmentent. Selon Forbes, celles du secteur électrique devraient atteindre des records en 2022, après une chute limitée de 4 % en 2020.
Surangel Whipps Jr., président des Palaos, a exigé un fonds de 4 000 milliards de livres pour compenser les dommages, comme la montée des eaux menaçant à terme ces îles. "Nos ressources disparaissent sous nos yeux, notre avenir nous est volé", a-t-il lancé à la COP26. "Mieux vaudrait nous bombarder que nous laisser mourir à petit feu."
Les délégués des pays pauvres et les militants autochtones ont peiné à participer, freinés par les coûts des voyages, hôtels et inégalités vaccinales contre le COVID-19.
"Mes collègues autochtones s'inquiètent des vaccins, restrictions de voyage et logements", a confié Rituraj Phukan, fondateur du Forum indien pour la justice climatique autochtone, au Guardian. "Il est impossible d'imaginer l'impact déjà subi par nos communautés."
Habituellement marginalisés, ces pays et peuples autochtones réclament plus de visibilité. La COP26 est critiquée pour son manque d'inclusivité. "C'est la COP la plus inéquitable, blanche et ségréguée", a dénoncé Ayisha Siddiqa, militante new-yorkaise, auprès de Yes! Magazine. "Les voix du Sud global sont exclues."
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