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560 catastrophes majeures par an d'ici 2030 : alerte du rapport ONU sur les risques croissants

D'ici 2030, le monde pourrait affronter environ 560 catastrophes majeures par an, des incendies aux accidents chimiques, soit plus d'une par jour. Cette projection pourrait même être sous-estimée face à l'aggravation du changement climatique dans les décennies cruciales à venir.

Nous nous en approchons déjà : selon le Rapport d'évaluation mondiale des risques de catastrophe (GAR2022) de l'UNDRR (Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe), 350 à 500 catastrophes de moyenne ou grande ampleur se produisent annuellement depuis deux décennies.

Entre 1970 et 2000, ce nombre n'atteignait que 90 à 100 par an. Pourquoi cette explosion ? Les décideurs ont sous-estimé les risques par optimisme et sentiment d'invincibilité, notent les auteurs.

"Le monde doit mieux intégrer les risques de catastrophe dans nos modes de vie, de construction et d'investissement, pour éviter une spirale d'autodestruction", déclare Amina J. Mohammed, vice-Secrétaire générale de l'ONU, lors de la présentation du rapport à New York.

Les pays en développement subissent les impacts les plus lourds : perte moyenne de 1 % de leur PIB annuel, jusqu'à 1,6 % en Asie-Pacifique, contre 0,1 à 0,3 % dans les pays développés. Les coûts globaux ont explosé : de 70 milliards de dollars en 1990 à 170 milliards par an sur la dernière décennie (ajustés pour l'inflation), avec des pics à plus de 300 milliards en 2011 et 2017.

"Ces événements anéantissent les progrès de développement, plongeant communautés vulnérables et régions entières dans une spirale descendante", explique Markus Enenkel, de la Harvard Humanitarian Initiative, à Associated Press.

La couverture assurantielle reste faible : seulement 40 % des pertes depuis 1980 sont assurées, et quasi nulle dans certains pays en développement.

Les pertes humaines augmentent : sur les cinq dernières années, les catastrophes plus imprévisibles font plus de victimes. Les événements climatiques, conflits et pandémies s'aggravent mutuellement, comme la guerre en Ukraine impactant l'approvisionnement alimentaire mondial sous contrainte climatique.

Mami Mizutori, cheffe de l'UNDRR, plaide pour repenser la préparation et l'allocation des fonds : 90 % pour les secours d'urgence, 6 % pour la reconstruction, 4 % pour la prévention.

"Les catastrophes sont évitables si les pays investissent pour comprendre et réduire leurs risques. Ignorer le risque finance notre propre destruction. Tous les secteurs doivent repenser sa gestion", insiste-t-elle.

Espoir : le Cadre de Sendai (2015-2030) réduit le nombre de victimes. Chacun peut contribuer en changeant le discours sur les risques, en privilégiant les probabilités sur 25 ans plutôt qu'annuelles pour inciter à l'action.

"Les décisions humaines sont le principal facteur de risque : nous pouvons grandement le réduire, surtout pour les plus vulnérables", conclut Mizutori.

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