Les astronomes ont réalisé une prouesse : mesurer les distances de galaxies situées à plus de six milliards d'années-lumière de la Terre, avec une précision remarquable d'un pour cent.

Dans le cadre du Baryon Oscillation Spectroscopic Survey (BOSS), les astronomes ont déterminé les distances de galaxies à plus de six milliards d'années-lumière avec une précision d'un pour cent.
Ces résultats, qui paraîtront prochainement dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, ont été présentés lors de la 223e réunion de l'American Astronomical Society à Washington, DC.
Jusqu'à récemment, une telle précision n'était atteignable que pour des objets proches, comme les planètes de notre Système solaire ou les étoiles à quelques milliers d'années-lumière. Au-delà, les méthodes indirectes manquaient de fiabilité.
Le projet BOSS exploite les oscillations acoustiques baryoniques : des motifs réguliers dans la distribution des galaxies, vestiges des ondes de pression propagées dans l'Univers primordial à travers un plasma de photons et de baryons. La taille originelle de ces "empreintes cosmiques", mesurée par le satellite Planck, et leur échelle actuelle (environ 500 millions d'années-lumière) sont déduites de la répartition spatiale des galaxies.
Plus d'1,2 million de galaxies ont été cartographiées en positions et distances. Ce nouveau jeu de données, deux fois plus étendu que les précédents, affine considérablement la précision.
En combinaison avec les données du fond diffus cosmologique et des supernovae lointaines, les mesures BOSS montrent que l'énergie noire – force accélérant l'expansion universelle – reste stable sur des milliards d'années. Elles confirment aussi un Univers plat et potentiellement infini.