Nous écoutons les ondes radio de l'espace depuis plus de 60 ans, mais les extraterrestres restent silencieux. Ces dernières années, la découverte d'exoplanètes s'est accélérée. Que nous apprend cette moisson abondante sur la recherche de vie extraterrestre ? Quelles perspectives pour l'avenir ?
La partie 2 a montré que le Soleil n'est pas l'unique étoile dotée d'un système planétaire. Bien que difficiles à détecter car elles n'émettent pas de lumière propre, les exoplanètes ont été recensées en grand nombre : le satellite Kepler en a identifié plus de 2 300 confirmées, et le total dépasse aujourd'hui les 5 500 (au 1er octobre 2024). Récemment, Kepler-1658, l'une des premières découvertes de la mission datant d'il y a une décennie, a été confirmée. Théoriquement, les planètes sont un sous-produit naturel de la formation stellaire.
L'univers pullule probablement d'exoplanètes. Peuvent-elles abriter une vie extraterrestre ?
Toutes les spéculations sur la vie extraterrestre s'appuient sur notre unique référence : la vie terrestre. L'eau liquide y jouant un rôle clé, nous supposons que les exoplanètes les plus propices sont celles où la température permet son existence stable, entre 0 °C et 100 °C. Cette région, appelée zone Goldilocks (du conte de Boucle d'Or, où tout est 'juste comme il faut'), n'exclut pas la vie ailleurs, mais priorise les recherches.

La Lune, Vénus et Mars, situés dans la zone Goldilocks solaire, n'abritent pas d'eau liquide ni de vie apparente, soulignant qu'elle n'est pas une garantie absolue.
L'origine de l'eau terrestre reste débattue : astéroïdes de la ceinture principale ou comètes sont de bons candidats, libérant leur eau lors d'impacts. Ainsi, une planète peut devenir habitable grâce à des apports externes.

De nombreuses exoplanètes rocheuses pourraient être recouvertes d'océans profonds (100-200 km), surtout celles 2 à 4 fois plus grandes que la Terre. Selon une étude de Harvard combinant données Kepler et Gaia, environ 35 % des exoplanètes découvertes correspondent à ce profil.

En affinant aux planètes rocheuses de taille et masse terrestres, une cinquantaine de candidates émergent, dont Proxima Centauri b, orbitant l'étoile la plus proche du Soleil (4 années-lumière).

'Potentiellement' est crucial : il faut un champ magnétique contre les rayonnements, une atmosphère protectrice favorisant l'effet de serre et le cycle de l'eau. Même ainsi, rien ne garantit la vie. Proxima Centauri b, près de sa naine rouge, risque des éruptions stellaires et un verrouillage de marée, compromettant son habitabilité.
La suite consiste à sonder les atmosphères exoplanétaires pour y détecter des biosignatures. Lors du transit (planète passant devant son étoile), la lumière filtrée révèle la composition chimique via spectroscopie.
Des marqueurs comme l'oxygène pourraient indiquer la vie, mais prudence : des processus abiotiques en produisent aussi (étude japonaise de 2015). D'ici 2030, plusieurs analyses seront possibles grâce au James Webb Space Telescope (lancé en 2021), au Giant Magellan Telescope (2029) et à l'Extremely Large Telescope (2028).

Après ces trois parties sur la vie extraterrestre :
Partie 4 : Frank Drake et Nikolai Kardashev.
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